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publié par Natalia Algaba le 25/06/19
Slim and the Beast - "On voulait faire de la musique ensemble, c'était un choix à faire dans la vie"

Trio pop-folk-blues franco-américain, installé à Paris, Slim and the Beast c’est l’histoire de trois passionnés de basket, surf et musique qui ont tout quitté pour vivre pleinement leur rêve : faire de la musique. Une musique très américaine, nourrie de leurs influences très sixties et seventies (The Beatles, Neil Young, Bill Withers, Marvin Gaye), dont ses mélodies vocales évoquent Crosby, Stills, Nash and Young et un jeu d’harmonica très folk Bob Dylan. Leurs chansons se nourrissent aussi bien de leurs voyages que de leur passage par la Nouvelle Orléans (10 ans pour Aaron et 4 mois pour les trois en tant que groupe), l’état le plus festif et musical de tous les États-Unis.

Malgré ces influences 60’s et 70’s revendiquées, leur son reste moderne, avec l’usage de pads électroniques par exemple sur scène « On écoute toutes sortes de musiques des années 60 à aujourd’hui, beaucoup de musique américaine surtout, on écoute du jazz, du hip-hop, de la soul, de l’électro » disent-ils et ils citent en vrac Mac de Marco, Tame Impala, Peter Cat Recording Company, Chris Cohen, Anderson .Paak, Tom Mish, Unkown Mortal Orquestra, King Gizzard and the Lizard Wizard, Young Gun Silver Fox, Michael Rault…

L’histoire commence fin 2015, quand Aurélien Amzallag (chant, batterie, guitare) et Samuel Lopez-Barrantes (chant, harmonica, clavier) se rencontrent sur un terrain de basket à Paris. Le basket-ball est l’élément déclencheur d’une amitié que la musique va sceller. Aurélien est français mais il a grandi à New York tandis que Samuel, dont le père est espagnol, est originaire de la Caroline du Nord. il est venu à Paris pour suivre l’amour, étudier et écrire. Les deux commencent à jouer de la musique après les matchs de basket et développent un lien solide.

À l’époque, Aaron (guitare et chant), le frère jumeau de Samuel, vit en Nouvelle-Orléans où il tente une carrière de musicien (il a même sorti un album en 2013). Il économise aussi pour rendre visite à son frère l’été suivant. « c’est ainsi que nous avons vraiment trouvé une connexion entre nous trois et que le groupe a vraiment commencé à l’été 2016 » nous explique Samuel.

A cette époque, ils écrivaient des chansons, construites en commun à partir des idées qu’ils avaient chacun de leur côté :« La première chanson que nous avons écrite en tant que duo, Samuel et moi » explique Aurélien dans un anglais avec un parfait accent américain, « c’était une chanson sur les attentats du 13 Novembre 2015, c’est plus ou moins à cette époque-là qu’on s’était rencontrés », « on jouait dans des bars à Paris, en tant que duo, sans nom de groupe encore, on était juste Samuel et Aurélien » poursuit-il. Mais un an et demi plus tard, le groupe naissant est dans une situation compliquée : Aurélien trouve un super boulot à Barcelone, tandis qu’Aaron vit toujours à la Nouvelle Orléans. Alors au printemps 2018, ils prennent la décision de tout quitter et de partir rejoindre Aaron en Louisiane pour faire de la musique : « On voulait faire de la musique ensemble, on voulait essayer, et on vivait dans trois pays différents, donc c’était un choix à faire dans la vie », explique Aurélien avec passion. Et c’est parti ! La musique était leur choix de vie.

A la Nouvelle Orléans ils composent, ils jouent dans des clubs pendant 4 mois et ils enregistrent une première démo, dans une chambre avec un seul micro. Des chansons écrites par Samuel et Aurélien qu’ils ont complétées avec l’aide d’Aaron, et d’autres chansons écrites par Aaron. Une première ébauche en mode Do-It-Yourself qui sera réenregistrée ensuite dans de meilleurs conditions : « On nous avait proposé un concert à Monaco, tous frais payés, et on a décidé de rentrer en Europe faire ce concert et ensuite aller enregistrer de façon plus professionnelle près de Barcelone pendant l’été 2018. J’avais des amis là-bas et j’ai trouvé un studio bien moins cher qu’un studio à Paris. On a donc mis plus d’instruments que ceux qu’on utilise d’habitude. Et ça sonnait comme un vrai groupe pour la première fois. Aaron joue de la guitare électrique dessus, Samuel du clavier et du piano… » continue Aurélien « Après ça, Aaron est rentré en Nouvelle-Orléans pour quelques mois, et il a déménagé définitivement à Paris en février dernier ». « J’ai toujours voulu vivre en Europe » intervient Aaron « je suis donc très content ».

Cependant Aurélien trouvait que leur son était très acoustique, très années 60 et 70 et qu’il faudrait lui donner une touche plus moderne, plus contemporaine. Il a fait appel à des musiciens qu’il connaissait à Paris, « des membres de Caravan Palace, un groupe d’électro-swing, Thomas Laverne de Pampa Folks, un groupe de folk-rock parisien, Irfane (Break Bot), un grand dj et producteur, et Yan Gorodetzky de Gush, un groupe rock parisien aussi. Tous ces mecs ont adoré notre projet et ils ont dit qu’ils seraient contents de nous aider à moderniser notre album. On a donc commencé à faire des sessions en studio avec eux et on a fini les deux singles que nous avons déjà sortis « Close to You » et « Lisbon » et il y a d’autres chansons que nous sommes en train de finir ».

Le premier single qu’ils ont sorti en mai dernier « Close to you », a été composé quand ils vivaient en Nouvelle Orléans, en 2018. « On a joué dans une soirée privée pour la sortie d’un film, dans un jardin avec les producteurs, acteurs… et le réalisateur a beaucoup aimé notre musique et nous a proposé d’écrire une chanson pour un autre film, Five Feet Apart, et c’est le scénario de ce film qui a inspiré l’écriture de cette chanson. » nous explique Aaron, qui parle doucement, de façon délicate et posée. « C’était une commande, et on l’a écrite très vite finalement » rajoute Aurélien. « C’est une chanson d’amour, très intime, très sentimentale » dit Samuel.

"Lisbon », cependant, l’autre single qui vient de sortir début juin, a été écrite bien avant, après un escape au Portugal pour surfer en 2016 et le son est très différent, plus pop, plus rythmé. C’est une invitation au voyage, qui donne envie de danser et prendre le soleil. « C’est une chanson d’été », comme ils disent « On adore le soleil, la mer, le surf ».

La rencontre avec Slim and The Beast se fait avant leur concert dans la cave d’un bar sur l’île Saint Louis, en face de la Seine. Un concert avec un public très international où ils nous ont fait découvrir leur chansons à eux (Lisbon, Close to you, Pasadena, Chemical Feelings, Tiger Eyes, Distractions, What it is…) mais aussi des covers de Neil Young ou Jimi Hendrix. Ils ont commencé le concert en mode acoustique (harmonica et deux guitares acoustiques) et dans une deuxième partie Aurélien a sorti le pad pour faire les percussions, Samuel a pris le clavier, Aaron une guitare électrique et un bassiste les a rejoint. Que ça soit en mode acoustique ou électrique, leur son est parfait, les harmonies vocales sont splendides, le magnifique jeu d’harmonica de Samuel donne un son très blues, très américain et les riffs d’Aaron, très rock, complètent ce trio plaisant, agréable et joyeux. Leur musique nous transporte en Amérique et donne envie de danser, de chanter (tout le monde a d’ailleurs chanté en mode karaoké « Close to you ») et de partir en voyage !

Aurélien, Samuel et Aaron se complètent parfaitement. Ils composent ensemble et ont une vision très claire du son qu’ils veulent offrir. Même les magnifiques visuels de la pochette et la typographie sont faits par Aaron. Un design dans des couleurs très vives qui donne un aspect très funk et positif : « C’est incroyable de pouvoir faire ça, je suis aussi graphiste, et apporter cela au groupe, c’est super ! Je suis très fier ! ». Et le nom du groupe vient du titre d’un livre écrit par Samuel en 2015 qui parle de l’amitié entre un célèbre joueur de la NBA, passionné de cuisine, nommé The Beast, et Slim, un ancien cadet. C’est un roman qui parle sur les choix de la vie d’adulte : Faire ce qu’on attend de nous ou vivre de sa passion ?. Un livre qui parle assez bien de l’histoire de ces trois garçons.

Slim and the Beast sont finalement, presque frères, animés par une passion commune, qui font tout ensemble et dont on sent la complicité aussi bien sur scène qu’en dehors. Ce sont des artistes complets : ils chantent, composent, jouent de plusieurs instruments, Aaron est aussi graphiste, Samuel écrivain… On vous conseille d’aller les écouter sur n’importe quelle plateforme musicale et surtout d’aller les voir en live !

Un premier EP sortira bientôt, en septembre, avec 5 ou 6 chansons dont les deux singles. Et leur album de début est prévu pour janvier 2020, avec 12 ou 13 titres qu’ils sont en train de produire en ce moment. Restez vigilants !

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publié par le 25/06/19