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publié par terant le 10/07/99
beta band
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beta band

générique puérile

on glisse l’objet dans la fente du lecteur. on appuie sur play. faut le dire ça commence foutrement bizarre et on a les boules de les avoir surestimé ces écossais là. non car ce premier morceau intitulé "the beta band rap" est au rap ce que dorothée est à la chanson française. the beta band n’est pas dorothée (n’est pas celle-là qui veut), mais ce début s’apparente au genérique du genre d’émission débile et adulé par les enfants que nous étions, période casimir et bécassine. en fait ça fait gentiment blanche neige et les 7 nains, hé ho, hé ho on rentre du boulot (excusez la culture). oui mais... ça dérape sur un son de toupie et surtout sur un rythme plus que moderne. le rock anglais se met au hip-hop ? non car... ça dérape vers un son crado que même mon grand-père n’a vu de son vivant : du genre année pré-60 et l’éclosion du rock. on se retrouve plongé au côté de bill haley et ses comètes chantant sur la bonne base rock.

psychédébilisme

pour mieux résumer beta band brouille les pistes. ce morceau premier explique un peu l’histoire du rock vu par le beta band : d’abord le rock puis le rap et enfin la musique de débilos. la presse appelle ça le psychédélisme mais les bêtas rejettent l’étiquette d’hippies touche à tout. appelons ça le psychédébilisme. musique difforme et infame qui sacrifie le génie à l’original (on peut pas tout avoir). le génie c’est cette intro de "it’s not too beautiful" qui varie pour se stabiliser enfin puis pour être rejoint par la voix aussi douce que planante du chanteur. jusqu’ici tout va bien dirait mathieu kassovitz. seulement voilà ils sabotent le refrain. aucun sens mélodique. ca surprend d’un groupe dont on pensait le plus grand bien depuis l’écoute des trois premiers eps (compilés) dont émanaient des petits chef d’oeuvres rock comme "inner meet me", "dry the rain", "she’s the one for me" ou encore "needles in my eyes" en référence au premier solo de brian eno.

bordel organisé

il s’agit du deuxième morceau (8 minutes !). on s’éloigne du format pop/rock traditionnel. aucune optique commerciale, c’est à se demander comment pareil groupe peut être toléré. pourtant ce collage sonore qui s’étale sur 10 titres est bien plus interessant que n’importe quel album anglais. on alterne genres et époques, qualités et défauts et pourtant rien ne semble laissé au hasard malgré le fouilli. s’il fallait plaçé une étiquette pour aider la fnac et starter on mettrait certainement ’bordel organisé’. c’est en fait une chambre d’adolescent d’où ressortent les influences musicales : beatles/kinks "round the bend", les premiers groupes rap américains "dance o’er the border", voire même les trucs actuels genre la vague électro qui a déferlé ces dernières années. toujours est-il qu’au détour d’une chanson on croit reconnaitre quelque chose qui nous a marqué, qui nous a plu et au bout de 20 écoutes on en redemande. c’est le genre d’album inépuisable qui sied bien en cette fin de millénaire.

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publié par le 10/07/99