
Versari c'est tout simplement le nouveau projet de Jean Charles Versari, son nouveau groupe. L'ancien chanteur des Hurleurs prépare son premier album accompagné par Jason Glaser (ancien Clem Snide et actuel " leader " de Fruitkey) et Cyril Bilbeaud (ancien batteur de Sloy et batteur de trop nombreux groupes pour faire la liste ici... ).
Comme tout cela est une histoire de famille sachez quand mê;me que l'album sera enregistré en Février avec Ian Caple (qui a déjà travaillé avec Bashung, sur tous les Tindertsicks et avec les Hurleurs). L'album sortira sur T- Rec le label que Jean Charles à fondé avec Cyril et qui a déjà sorti l'album de... Fruitkey... Vous suivez. Vous en faites pas on s'y fait !
Mais oubliez cet arbre généalogique musical et partagez avec nous le bonheur que nous offre Jean Charles Versari qui nous donnera régulièrement des nouvelles de l'évolution du groupe à travers le journal de bord qu'il écrit pour le Cargo!. Nous partagerons avec lui et avec son groupe les grandes étapes de l'année 2006 pour Versari...
Carnet de notes, carnet de bord, photos, paroles ou encore maquettes... Venez régulièrement prendre des nouvelles de VERSARI.
> téléchargez le morceau "shine" (mp3, source: liabilitywebzine.com)
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Les démarches pour la sortie de l'album avancent, entre deux prises pour le prochain album de Fruikey, qui vont durer jusqu'à la fin de la semaine. J'ai déjà donné des cdrs de l'album à plusieurs personnes. Je pense que d'ici 15 jours, tous les labels que je souhaite contacter l'auront été. Nous commençons aussi à contacter les tourneurs, car il est essentiel (pour notre plaisir, et pour le développement de cette histoire) de faire le plus de concerts possible.
Je cherche doucement un quatrième membre pour le groupe - en fait, je voudrais que ce soit une fille qui joue, ça nous changerait. Elle pourrait faire des choeurs, jouer de la basse et de la guitare - et même un peu de clavier, ce serait chicŠ Je reviens un peu sur l'évolution entre nos maquettes et les morceaux au final.
Vous pouvez écouter ici le morceau « d'autres lendemains » à trois étapes de sa vie : la maquette que nous avons faite en mars 2005, la sortie du studio d'enregistrement (rough mix), et la version mixée. Lorsque nous avons retravaillé les morceaux pour préparer l'enregistrement, celui-ci avait quelque chose de trop évident.
Nous sommes parti d'une boucle de larsen de guitare, et Jason a trouvé cette basse hypnotique, ce qui a amené Cyril à essayer ce rythme lourd, Sloyesque. C'est sur cette base que nous avons avancé dans le morceau, que nous l'avons enregistré. Puis Patrice Chevalier est venu poser cette guitare obsédante, marécageuse. C'est drôle comme maintenant que je le connais et que je connais son jeu, je peux entendre son apport à Pre Millenium Tension de Tricky. Il y a chez lui cette espèce de blues décalé, sale, qui apporte beaucoup à cette version.
Puis vient la phase du mixage. En plus de la qualité d'Ian comme ingénieur du son, il a une vraie finesse de perception pour les mises en relief des morceaux. C'est un peu le propre du mix, réussir à créer un espace où tout ce qui est important peut être entendu, où toutes les strates, que ce soit des harmonies ou des bruits, soient intelligibles, sans pour autant s'annuler.
Sur la voix, le parti-pris d'Ian est de la mettre très en avant (je passerai d'ailleurs la plupart des séances à lui demander de faire des versions avec la voix moins forte), ce qui colle assez bien au morceau. Réussir à recréer un espace qui respire, qui soit vivant Quand j'écoute ce titre, je pense systématiquement à Rosetta des frères Dardenne. Je crois que ce film a du faire son chemin dans ma mémoire pour finir là, d'une certaine manière.
Ecouter les différentes versions « d'autres lendemains »
Le mixage est terminé. j'ai trop de choses à gérer en même temps pour avoir l'effet post partum, mais je me sens tout de même un peu désoeuvré. En plus de l'album de Fruitkey que nous commençons à enregistrer dans 8 jours et des concerts avec Joseph d'Anvers, il nous faut trouver un tourneur, démarcher quelques labels pour éventuellement trouver une licence, faire le tracklisting de l'album... Au moins, j'ai le titre de l'album maintenant : Jour après jour. Ce qui convient à tout le monde. Et ça c'est chouette, et une grande nouveauté dans mes histoires de groupe. Et aussi, sur l'album, on pourra mettre "mixé à Blackness road", et ça, c'est la classe.


cela fait quatre jours que je suis chez Ian, et nous avons mixe quatre morceaux. tout se passe tres simplement, et assez tranquilement. parfois je propose quelques petites corrections, mais globalement, je pourrais tres bien le laisser faire. nous n'aurons pas fini quand je repartirai, il est possible que je laisse ian finir seul. Du coup, je me repose (enfin) un peu. je dors au pub qui est en bas de la route, tres familial, c'est chouette. Cela me permet de prendre un peu de recul sur tout. l'ordre des morceaux commence a s'organiser doucement. je sais que je veux ouvrir l'album avec "And then she said", et que "Les lignes blanches" sera plus ou moins au milieu. pas d'idee de titre encore, mais ca va venir. en fait j'ai eu une idee, mais il faut que je cherche encore. Cyril arrive demain soir, il est probable que nous irons faire un tour a londres un matin, et essayer de voir des labels pour trouver une distribution pour T-Rec en angleterre. J'aimerais voir Johnny Brown de Band of Holy Joy aussi, j'aimerais sortir leur dernier album sur le label. Et comme je veux enregistrer un nouvel album, en anglais cette fois, d'ici un an, je voudrais proposer a des gens que j'apprecie, et anglophone, d'ecrire des textes. Johny Brown est de ceux la. a ce sujet, je crois que nous allons attaquer le mix d"I like your friend" maintenant.

Je vais bientot aller chez Ian pour les mixs. Mais là, je fais une pause. Ce qui me laisse aussi l’occasion de penser à l’album dans son ensemble, et de mettre le doigt sur trois points délicats : le titre de l’album, l’ordre des morceaux, et est-ce qu’on met tous les morceaux ? Pour le titre, j’etais parti sur “à cette heure de la nuit”, mais c’est trop long, trop compliqué, et c’est le titre que j’avais proposé pour Blottie à l’époque. C’est une nouvelle histoire, il faut un nouveau titre. L’ordre des morceaux, c’est delicat, mais je pense que cela va aller de soi quand nous aurons les mixs. Par contre, sur le point de mettre tous les morceaux ou pas, c’est une autre histoire. Je les aime tous, meme “I like your friend”, qui ne me semblait pas avoir sa place sur l’album, mais qui finalement pourrait y être. Avec les interludes, ça ferait vraiment un tres long album, plus d’une heure… si on assemble bien les morceaux, ca peut passer, mais j’ai peur que ce soit un peu indigeste. On verra.

Tout s’est beaucoup accéléré. Brice est revenu faire des guitares jeudi matin, et s’est retrouvé à faire une basse sur Blunt, qui a du coup gagné un groove qu’il n’avait pas avant. Il a aussi fait des guitares très sales qui sont vraiment très bien. Ensuite, il fait une basse sur le retour, et ça apporte beaucoup aussi. Ensuite Pascale Daniel est venue faire un chœur sur le retour. Ce sera très discret, et c’est très joli. Dans ce texte, je me mets dans la peau d’un homme qui parle d’une fille partie. Dans ma tête, il s’agit plus d’un père qui parle de sa fille. J’avais commencé à écrire ce texte en Anglais, il y a trois ans. J’étais à la terrasse d’un café aux Etats-Unis, dans le sud, il faisait très chaud. J’étais avec des amis et une amie à eux est arrivée. Elle a bu un verre avec nous et nous a dit qu’elle partait s’installer ailleurs avec un garçon. Ils étaient tous très contents pour elle mais très tristes aussi. C’était un moment très touchant.
Voilè ce que j’ai écrit alors :
She said she met a real nice boy
So she moved to New York City
Golden hair, and her voice
Was like sand it made her pretty
It made her look kind of sad
In a way we all could see
We kissed farewell and said goodbye
At least I’ll keep that memory for me

Et ce texte a fini par devenir ça :
Le Retour
Doucement on attend quelques mots
du regard on cherche ce quelqu’un
les mains croisées dérrière le dos
On attend un retour par le train
Rassemblés ce matin quelques mots
à raconter ce sera dur c’est certain
ce serait un peu mal venu
de tout te dire à peine revenue
Tu nous a dit J’ai rencontré
un beau garçon, il me faut y aller
il me faut le rejoindre maintenant
c’est comme ça, il est temps
Tu as dit tout ça comme si de rien n’était
comme si tout était simple et posé.
Et d’ailleurs tout est simple
d’ailleurs je me souviens
nous en avons bien rigolé... après...
Nous voilà rassemblés sur ce quai
un peu génés par le vide que l’on fait
on ne sait plus par où commencer
dans cette histoire où tu nous as manqué
Tu nous a dit J’ai rencontré
un beau garçon, il me faut y aller
il me faut le rejoindre maintenant
c’est comme ça, il est temps
Tu as dit tout ça comme si de rien n’était
comme si tout était simple et posé.
Et d’ailleurs tout est simple
d’ailleurs si tu permets
je vais encore en rigoler quelques années...

Pascale chante sur les refrains, comme si le fait de raconter cette histoire convoquait la voix de cette fille qui serait partie.
De mon côté, je continue à faire des voix.
Vendredi, Nous commençons par la venue de Jean-françois Pauvros. C’est un guitariste improvisateur libre. Pas du tout dans le domaine de l’impro classique ici. Tant mieux. J’ai décidé de lui demander de jouer sur trois titres. Les deux premiers ne sont pas tellement du domaine de ce dans quoi on l’attend. Ni peut-être là où il serait plus à l’aise, mais c’est justement pour ça que je voulais le faire jouer sur ces morceaux. Je me suis dit que ça le tirerait dans un sens, mais aussi que ça apporterait un peu d’étrangeté àdes morceaux très simples. Il fait plusieurs prises assez différentes les unes des autres, en jouant beaucoup avec un archet. C’est mortel. Nous avons de la chance avec les invités sur ce disque, tous amènent vraiment quelque chose de très personnel. Les deux morceaux sont Sweet et les Amours quotidiens. Le troisième morceau sur lequel je souhaite qu’il joue est Les Lignes blanches, très différent des deux autres. Jean-François y trouve vite sa place, et fait quelques fulgurances du meilleur goût. Ce morceau est vraiment étrange, hypnotique (7mn). Puis de nouveau des voix. Vers 17h, Joseph d’Anvers vient pour faire des chœurs sur les amours quotidiens. J’ai envie de quelque chose de très discret et sa voix me semble bien pour ça. Tout se passe très vite et nous avons la matière. Cela ne vient que vers la fin de la chanson. Ian me fait remarquer le côté légèrement Beach Boys que cela donne à cette fin. C’est vrai. Le soir, ma mère passe nous voir et écouter des morceaux. C’est chouette. Nous approchons de la fin et nous sommes dans les temps.

Samedi, Nous commençons par finir I like your friend. J’ai quelques guitares, un orgue et la voix àfaire. Ça se passe plutôt bien, et le morceau est chouette, mais je ne pense vraiment pas que nous le mettions sur l’album, qui va déjà être très long. Puis je fais les voix de sweet et enfin Blunt (pas mal, dans un micro qui n’est pas fait pour la voix, et dans un ampli, avec un peu de saturation – comme les Stooges…). Nous avons fini vers 16h. Ian commence tout de suite à faire des mises à plat. Nous allons en avoir besoin pour le dossier de demande de subvention que nous déposons au FCM jeudi prochain, et pour commencer àréfléchir àun ordre de morceaux. Nous rangeons notre matériel (pour le sempiternel chargement/déchargement de camion de lundi, auquel je ne participerai pas puisque je reprends les répétitions avec Joseph d’Anvers…). Nous allons boire un verre (plusieurs) avec Rodolphe Burger, qu’Ian connaît bien pour avoir souvent travaillé avec lui, et nous passons une très agréable soirée.

Qui fait un réveil un peu délicat, le dimanche. Nous nous retrouvons dans un autre studio pour la fin des mises àplat. Tout se présente plutôt bien, Ian a beaucoup de travail de tri dans tout ce qui a été enregistré, mais comme il aime àdire, Less is boring.
J’ai vraiment le sentiment d’une vraie et étroite collaboration, nous sommes sur la même longueur d’onde et nos idées nourrissent celles de l’autre. Je suis très content de ça et je ne regrette pas une seconde d’avoir pris cette décision.
Nous partons pour le mix vers le 8 mars, chez lui, à Crowborough. J’ai hâte d’y être.


Voilà trois jours que je n’ai pas écris ici. Parce que je suis de plus en plus fatigué (et qu’il se passe beaucoup de choses). Lundi, Jason a commencé ses prises, nous continuons à élaborer les arrangements. Ça marche bien et il a beaucoup d’idées. Sophie est venue avec lui et fait un chœur (parfait) sur And then she said, qui a belle allure maintenant, alors que j’avais peur qu’il dénote sérieusement. D’un morceau qui risquait de passer à la trappe, on va vers un super morceau – un single, à une autre époque et dans un autre pays… Je ne peux pas mettre de morceaux en écoute sur le site, parce qu’ils ne sont pas finis. Peut-être après dimanche, si les mises à plat sont satisfaisantes.
Grosse journée vraiment chouette, ça avance bien. J’ai Céline Bary au téléphone (c’est elle qui chante sur la reprise de Tuxedomoon que nous avons enregistré et qui est sortie chez Optical Sound cf. www.optical-sound.com/releases/os.016.php) et elle veut bien venir faire une voix sur les Silhouettes, ce qui me ravit. Elle vient le lendemain matin, nous commençons par ça. Elle enregistre sur la voix témoin, et c’est très vite… Parfait. Les deux voix se mélangent magnifiquement, Ian et moi sommes sous le charme. Je fais ma voix tout de suite après, je me colle au mieux à la sienne, et c’est un vrai duo. On dirait que nous avons chanté ensemble (ce qui est presque le cas). Le morceau est très beau. Je ne m’attendais pas à ça non plus. C’est un morceau très récent, je manque de recul. Je suis tellement content que j’oublie de prendre Céline en photo, j’essayerai de me rattraper avant la fin des prises, si elle repasse dans le coin…

Puis nous continuons avec Jason, et c’est encore pas mal de belles surprises. Il est très créatif et apporte beaucoup aux morceaux. Que ce soit avec le violoncelle, avec son sampler, une guitare ténor ou une guitare jouet, cela illumine les morceaux. Par exemple, presque rien, qui était un peu pauvre en arrangement, ressemble maintenant à un orchestre à cordes roumain, puis grandit en morceau de rock très lumineux… C’est très excitant. Je commence vraiment mes voix définitives ce mardi soir, avec Shine, qui est vraiment un morceau que j’aime beaucoup, et ce à quoi nous sommes arrivés me motive extrêmement. C’est assez rapide, et satisfaisant.

Du coup, j’attaque la version anglaise dans la foulée, et c’est un peu la douche froide. En fait, il est très dur d’adapter un texte français, même si ça a l’air bien sur le papier, les histoires de rythme, de rimes, de mouvement de mots, les rondeurs des voyelles et tout ça font que ce n’est pas si simple. Après avoir pas mal touché au texte, essayé des nouvelles choses en détail, on arrive à un résultat qui est correct, sans plus. C’est une grosse déception pour moi… Je croyais pas mal à ces traductions. Les textes semblent vraiment chouettes sur le papier, mais c’est vraiment une autre histoire quand on les chante. Je crois qu’il faut que j’envisage le franchissement de la manche autrement… J’arrive donc un peu triste ce matin.

Patrice Chevalier (un ami d’Ian, qui a joué avec Tricky à l’époque de Pre-millennium Tension) a accepté d’enregistrer quelques guitares après être passé voir Ian la semaine dernière. Comment dire… Nous avons de la chance ! Il apporte aux morceaux sur lesquels il joue (D’autres lendemains, Dans un rêve/dans un cauchemar, le retour et Presque rien) le truc qui manquait, que ce soit un thème, une mélodie ou un riff, ou du bruit… Il sait toujours se positionner là où personne n’est allé, et c’est bluffant. Il part vers 16h, et nous attaquons d’autres voix. Ce avant quoi Ian fait un peu le ménage sur les morceaux, parce qu’il commence à y avoir du monde. Ce qui nous donne l’occasion de mesurer à quel point les trouvailles de Patrice sont remarquables. Pour le moment, nous ne travaillons que sur le retour et sur presque rien, mais ses guitares apportent vraiment cette touche finale parfaite. Je fais ces voix et nous décidons d’arrêter là. Demain, Brice vient faire une guitare sur Blunt et Pascale Daniel (qui avait chanté sur Dialogue et Noche madrileña sur Blottie) vient faire un chœur sur le Retour. Et je vais faire d’autres voix. Il faut aussi que nous finissions I like your friend, bien que je ne pense pas que nous le mettrons sur l’album, il est vraiment trop différent du reste.


Les morceaux prennent de l’allure. En plus de la base, dont nous sommes déjà très contents, tout le travail d’arrangement que nous sommes en train de faire est excitant. Les trompettes de Jérôme apportent une nouvelle coloration, et nous emmènent dans de nouvelles directions. Nous avons passé la journée aux trompettes, et cela s’est très bien passé. Ce soir, nous avons travaillé sur « les lignes blanches ». Le passage un peu libre au milieu est en train de prendre une couleur un peu hispanisante, et avec les trompettes, cela me fait furieusement penser au Liberation Music Orchestra de Charlie Haden (à notre échelle, tout de même…). Après le départ de Jérôme, je fais un peu de stylophone dessus. Ça marche très bien. Demain nous attaquons le reste de mes guitares et claviers et les voix. Je crois que tout va commencer à s’accélérer, car il ne nous reste qu’une semaine et nous avons encore pas mal de trucs à faire – et un dépassement de budget n’est pas envisageable.

Aujourd’hui, je commence par un orgue, puis nous attaquons les guitares. Je passe des heures à bien avoir une mélodie sur « and then she said ». C’est laborieux, mais ça vaut le coup. Nous travaillons principalement sur ce morceau, je fais une voix « semi-témoin » (peut-être qu’on la gardera), il ne manque plus que les violoncelles et les chœurs. Demain, Jérôme (de Berg Sans Nipple) vient faire des trompettes sur quelques titres. Les morceaux commencent à êtres vraiment riches. J’avais peur d’un certain manque de cohérence avant de rentrer en studio, et c’est comme si le liant était en train de prendre. Je pense qu’Ian y est pour beaucoup.
Une grosse journée de travail, qui a commencé un peu tard, mais qui s’est avérée fructueuse. D’abord des theremin, car je n’ai pas beaucoup de temps pour l’utiliser (je dois le rendre à Christophe de Telepopmusik aka Antipop, à qui je l’ai emprunté). J’en joue sur Atmosphere et sur le retour. C’est très difficile d’être précis, mais il semble que ça marche, par moments. Ensuite j’attaque les orgues. J’en enregistre sur atmosphere, shine, blunt, le retour, les lignes blanches, d’autres lendemains et dans un rêve. On laisse l’orgue en place et on verra si on s’en ressert. On rentre maintenant dans la phase d’arrangement des morceaux, et c’est vraiment excitant. Je commence à réfléchir aux morceaux sur lesquels j’entends des interventions, sur lesquels je souhaite faire jouer les invités, la direction que je souhaite impulser à ces morceaux. Ce qui est bien avec Ian, c’est qu’il sait vous diriger doucement dans cette recherche, au fur et à mesure du travail, il propose telle ou telle direction Il y a comme une évolution subtile d’un morceau vers un autre, et chaque nouvelle tentative se nourrit de la précédente. Et j’apprécie aussi de travailler avec lui parce que j’ai vraiment le sentiment que l’on se comprend, qu’il y a une complicité artistique, comme s’il était un quatrième membre à ce groupe…
Voici l’adaptation du texte de Shine en anglais, ça sonne bien…
SHINE
Tiny lights outside the window
It’s a world upside down
From here it looks to me
Shine…
Make a star studded sky
A vision of the Milky Way
Mushroom towns passing by
Constellations are drawn
On the heavy tired eyes
Of a few sleepless passengers
On this airplane tonight
And I don’t know where I am
Somewhere between heaven and earth
Caught between sky and land
Somewhere hanging in the balance
Between tomorrow and today
Inside this floating belly
That’s bringing you back to me
That the lights of the highways
Are scattered stars on the prairie
Frozen satellites going away
From the place where I sit
The sky is a sparkling sea
Drawing ethereal nations
With Celestial cities

Il faut que je pense à prendre des photos du studio pour que vous voyiez à quoi ça ressemble. Nous continuons à enregistrer des bases de morceaux. À ce jour, huit titres sont enregistrés : "d'autres lendemains", "shine", "I like your friend", "blunt", "les lignes blanches", "presque rien", "les silhouettes" et "les amours quotidiens" (oui, normalement, amour devient féminin au pluriel, mais je prends cette liberté - c'est d'ailleurs probablement pour ça que cet assemblage me plaisait et me semblait original...). Jason avance sur mes adaptations en anglais, mais nous allons moins vite, c'est certain. Demain je mettrai une traduction en ligne. Nous visons encore cinq titres, dont la reprise d'Atmosphere de Joy Division que nous faisons déjà sur scène. On devrait avoir fini ces prises mercredi dans la journée. Brice (ex-hurleurs aussi, et actuel Velo et Fruitkey) va venir mercredi matin faire des guitares.
Nous passons encore pas mal d'heures sur "Shine", qui ne marche pas vraiment. Je suis très frustré parce que c'est un morceau auquel je tiens. Au bout d'un moment, Ian propose qu'on se serve de cette boîte à rythme dont je parlais hier, et l'effet est un peu magique. Soudain, ça colle. Mais il nous faudra encore un certain nombre de prises, et l'arrivée de Jason, pour que la version soit bonne. Ensuite, nous attaquons "I like your friend", et ça marche très vite. C'est un peu tout le contraire de "shine". Il faut que je trouve un guitariste pour me faire des guitares à la Johnny Marr, je vais réfléchir. Puis "Blunt", sur lequel nos avions pris un virage à 90 degrés pendant le travail de préparation, et qui retourne dans l'autre sens. Pendant la journée, j'ai réussi à attaquer les passages des textes qui me posaient des problèmes, et j'ai l'impression d'avoir tout résolu. Je mettrai un texte en ligne demain. Je me dis qu'il faudrait re-écrire le texte de "Blunt". C'est un morceau un peu extrê;me, assez Stoogien pour le moment, et le texte est un peu militant, d'une certaine manière, du coup c'est un peu redondant (et adolescent...). Je vais essayer de chercher ailleurs.

C'est notre première journée d'enregistrement. Ian a choisi de nous faire enregistrer le plus possible en "live", parce qu'il a aimé le son des dernières maquettes que je lui ai e-mailé. On va donc travailler un peu comme en répétition. Ce studio a d'agréable qu'il est un peu comme un grand salon. CALM veut dire "comme à la maison", et c'est un peu ça. Ian est très méticuleux dans l'installation des micros, afin d'avoir le plus de latitude possible pour travailler après. Nous y passons un bon moment. Puis nous commençons par « les lignes blanches », et Ian nous pousse (et nous aide) à chercher un son qui changerait l'introduction telle qu'elle était. Il a l'idée d'utiliser une vieille boîte à rythme d'orgue, et l'effet est immédiat : ça colle parfaitement. C'est ce qui est génial avec lui, il a une approche sensible de son travail, et de vraies idées créatives. Nous finissons ce morceau, et ça sonne vraiment bien. On attaque "shine", mais on peine un peu, alors on reprendra demain matin.
Après une bonne partie de journée à plier, charger et décharger le camion, nous nous retrouvons au studio à attendre Ian. Et là, ça me tombe dessus pour la première fois comme une évidence : Demain, nous rentrons en studio pour enregistrer un album. Pris dans le tourbillon des derniers jours (le travail que je devais finir sur la musique du film de Jean-Luc Gaget), ce n'étais pas si présent. D'ê;tre là dans le bureau du studio, à attendre Ian, ça me saute aux yeux. Et je suis très heureux, excité. Ce nouveau groupe a grandi bizarrement pour moi qui ai été habitué à beaucoup jouer mes morceaux devant des gens avant de passer en studio. Il a grandi par étapes, avec des moments d'accélération et de longs moments de repos, ou de réflexion. En tous cas, pas de manière continue. Et c'est comme si tout s'était fait très vite : l'accord d'Ian, la réservation du studio, les dossiers, et on y est. En fait, je comprends mieux l'excitation que j'ai pu ressentir quand nous avons fini la reprise de Tuxedomoon pour le tribute : ce morceau faisait qu'on existait, nous n'étions pas juste un concept, une idée que j'avais eu à un moment, mais bien un groupe avec une identité artistique propre dont la matérialisation était cet enregistrement. Je me sens aujourd'hui comme au démarrage d'une aventure. Un peu comme si c'était le vrai commencement de Versari.

Voilà. Nous avons fini les répétitions à Mains d'oeuvres. C'était efficace jusqu'à la dernière minute. " D'autres Lendemains " et " Blunt " que nous n'avions pas vraiment regardés en détail ont pris un coup de jeune, ou de ménage, ou de frais. Ils ont changé. À priori pour le mieux, encore que nous n'ayons pas le recul nécessaire pour réellement savoir. C'est pour ça qu'on a fait appel à un réalisateur, en la personne d'Ian, et des expériences que j'ai eu (avec Ian sur Blottie, ou Theo Hakola sur Bazar, ou Vedran Peternel sur Ciel d'Encre), ça a toujours porté ses fruits. Maintenant il faut que je revienne sur certains textes, où certains mots m'agacent, sonnent mal ou ne sont pas à leur place. Dans le texte de " sweet ", il y a un couplet que je trouve pauvre, et ça m'énerve parce que c'est par ailleurs un texte auquel je tiens, et dont je suis assez content. Il y a une simplicité que je n'arrivais pas à toucher auparavant... C'est drôle comment les textes s'ouvrent alors que nous répétons les morceaux. Ces erreurs que je sens maintenant ne m'avaient pas sauté aux yeux lorsque j'écrivais. Ces répétitions intensives mettent aussi le doigt sur les thèmes qui reviennent. Bizarrement, il n'y a rien de prémédité dans tout ça : je sais sur quoi j'écris, les thèmes qui me sont chers (les relations, amoureuses ou amicales, passées ou présentes, les disputes, les gens...), mais les chemins que prend ma pensée pour me mener à ces idées m'étonnent. Plusieurs fois, les situations que peignent ces chansons passent par un repas, que ce soit en rê;ve, en projection ou en réalité (comme dans " les lignes blanches ", plus bas)... Et mê;me certaines métaphores sont liées au fait de se nourrir... Le morceau qui est écoutable et téléchargeable est une improvisation que nous avons faite à l'arrache, vers la fin de la répétition de Dimanche. J'ai pris la liberté d'appeler ça " Sleeping cat ", d'une part parce que mon chat dort juste à côté et que ce morceau habille bien cet instant, et d'autre part comme clin d'oeil au premier album de Del Amitri - un disque que j'ai beaucoup écouté - et sur lequel il y a de chouettes dessins, dont un chien qui dort.
Sleeping cat (impro 2) (Appuyez sur la petite icone pour lire le morceau, faites clic droit sur le titre et "enregistrer sous" pour l'enregistrer sur votre disque dur)
J'ai écouté le md de la répétition, et je suis assez surpris. C'est chouette. Je ne m'attendais pas à ça. Bien entendu, il y a encore beaucoup à faire dessus, mais la base est là : l'atmosphère, le rythme, la tension, la scène générale est dessinée, il manque des détails maintenant. Je décide de laisser une longue plage pour un instrumental au milieu. Ça va être un morceau étrange, éthéré... J'ai demandé à Jean-François Pauvros de venir jouer sur l'album. C'est un morceau pour lui. J'ai aussi demandé à Brice (ex-hurleurs) de venir faire quelques guitares, et à Jérôme (de Berg Sans Nipple) des trompettes. Et il y aura d'autres voix, des filles et aussi des garçons. On verra tout ça en studio. Je commence à prévenir les gens. Je suis aussi en train de traduire les textes en anglais, puis Jason les adapte, comme ça je vais tout enregistrer en français et en anglais. Un vieux fantasme. Nous travaillons beaucoup, c'est assez épuisant, mais ça vaut le coup. Voici le nouveau texte fini (mais potentiellement retouchable, comme toujours...) :

Les lignes blanches
Les lignes blanches séparent la route
font des reflets au coin des yeux
le silence dit tous les doutes
il sait les expliquer bien mieux
la route défile à sa façon
et nos regards suivent son fil
jamais ils ne se croiseront
jamais ne troublent nos profils
tout est baisé, tout est baisé, tout est pris
dans les reflets de tes nylons, ma chérie...
Les lignes blanches séparent la route
elles font des reflets de passages
la route s'allonge comme une longue
ligne rimmel au coin des yeux
les lignes blanches font des reflets
elles font des éclairs de conscience
au coin de tes yeux, sur la vitre
sur ton visage de côté
tout est baisé, tout est baisé, tout est pris
dans les reflets de tes nylons, ma chérie...
La route s'étale comme des jambes
et ton nylon est déchiré
les lignes blanches font des baisers
et sur tes yeux posent leurs bouches
des heures et des heures sans parler
la route est longue et tous nos doutes
ils font de ces heures un dîner
avec d'hostiles étrangers
tout est baisé, tout est baisé, tout est pris
dans les reflets de tes nylons, ma chérie...
Un coin de table, en aparté
tu me dis que tu veux rentrer
c'est la fin des hostilités
la fin des mots que l'on connaît
les lignes blanches dessinent tes yeux
dans le silence et dans le trouble
sur cette route délaissée
tu me dis que tu veux rentrer
sur cette route qu'on connaît
tu me dis que tu veux rentrer
sur cette route un peu usée
tu me dis que tu veux rentrer
sur cette route et ses reflets
tu me dis que tu veux rentrer...
sur cette route en aparté
tu me dis que tu veux rentrer...

Ce n'est en fait qu'aujourd'hui qu'on recommence vraiment à travailler tous les trois. Sans connaître, on imagine mal le temps qu'on passe à charger des camions, transporter du matériel, décharger les camions, monter le matériel, etc... Lundi, ça a bien dû nous prendre trois heures, avec différents éléments disséminées çà et là... Mardi, j'ai travaillé seul, histoire de dérouiller les morceaux un peu et d'essayer deux trois choses. Il faut que je travaille sur les nouveaux textes et un peu sur les anciens, il y a quelques passages que je trouve un peu faibles. J'ai encore un peu de marge parce qu'on ne va pas attaquer les chants tout de suite. Mais le temps passe vite. Donc, hier seul, et aujourd'hui à trois, histoire de dérouiller tout le monde, et c'était nécessaire. Demain nous attaquons le travail de fond avec Cyril, Jason ne peut revenir que ce week-end. Nous avons monté les squelettes pour deux morceaux, " Les Silhouettes ", dont le texte est plus bas, et les lignes blanches, sur lequel j'ai encore beaucoup de boulot de corrections. C'est un texte un peu brut que j'avais proposé à Bashung quand il y a eu un " appel d'offre ". Texte boulé par Bashung, mais finalement c'est plutôt bien parce que je l'aime bien ce texte, et ça me fait un morceau intéressant. Nous essayons une version très aérienne et tendue après avoir essayé plusieurs directions pas très satisfaisantes. Il faut que j'écoute l'enregistrement de la répétition pour voir si ce n'est pas juste l'excitation de l'instant. Je vais voir... J'ai hâte d'ê;tre demain matin pour reprendre le travail.
Réussi à travailler suffisamment pour arriver à une sorte de fin pour le texte des Silhouettes. Je suis un peu tard, nous commençons à travailler demain. Parfois les mots viennent et l'on ne sait pas où ils veulent aller. Ça se répand doucement du cerveau à la main en une sorte de fil toujours prêt à casser. Les mots s'alignent et le sens ressort de lui-même, sans préméditation. "Les Silhouettes" est de cette famille. Parfois j'ai une idée, qui reste une idée pendant des années, comme certaines graines qui peuvent attendre des années avant que les éléments nécessaires ne soient rassemblés pour la germination, et qu'un texte en ressorte. Je collectionne ces graines, et parfois je trouve ça long.

Ce soir a eu lieu la dernière date avec Joseph d'Anvers jusqu'à fin février. À partir de demain c'est le vrai début de travail sur l'album. J'ai l'impression d'avoir retenu tout un tas d'idées, de pensées pour le moment où je pourrais me concentrer précisément sur ce projet - mon nouveau groupe - et que ce moment est proche. C'est excitant, et effrayant. L'angoisse de la page blanche est un des pires trucs que je connaisse. Comme citer des gens qu'on apprécie est toujours simple voici ce que j'ai lu de Thom Yorke (touchant http://www.radiohead.com/deadairspace) :
[...] I could write about how I'm finding it difficult to finish lyrics. that there are giant waves of self doubt crashing over me and if I could allieviate this with a simple pill ... I think I would [...]
Comme il a précisément raison (pour le doute en vague géante écrasant toute velléité de lutte, et pour la pilule aussi...), je resterai là-dessus pour ce soir.

Voilà deux semaines que nous sommes rentrés d'Italie avec Fruitkey, et je n'ai trouvé que peu de temps pour essayer de finir les 4 ou 5 morceaux pour la pré-prod. Entre la musique pour la pièce des frêres benaïm, la musique pour le film et Joseph d'Anvers avec qui les répétitions ont repris, ce n'est pas simple. J'ai essayé d'avancer sur un texte que j'ai commencé à écrire dans le camion en partant en Italie. Ça s'appelle Les Silhouettes :
J'ai un bout de musique pour ça aussi. J'ai l'impression (et j'espère) que tout va réellement se mettre en place quand nous aurons commencé à travailler avec Jason et Cyril. Les 10 morceaux que nous avons pour le moment ne suffisent pas, j'aimerais aller au bout de ceux-ci et choisir. Nous allons aussi beaucoup essayer de mettre en place des instrumentaux...
Nous rentrons en studio dans à peine plus d'un mois et tout est loin d'être prêt. D'abord il faut déposer les dossiers de subs - un hier et deux à venir, et comme on fait tout, c'est du temps en moins pour les chansons. Nous sommes tous dans nos tourbillons respectifs et le temps file. Je compte beaucoup sur le travail qu'on va faire à Mains d'oeuvres à la fin du mois, et sur la collaboration avec Ian...