accueil > articles > autres > Watine

publié par Guillaume Mazel le 20/11/15
Watine - Les Appalaches
Les Appalaches

Trouver les mots, c’est une passion d’artisan, de petit homme dans un coin de demeures, a peine visible, trouver les mots ne rends aucun prix, n’apportent aucune récolte, mais le rictus sensible, qui s’aperçoit a peine, se discerne au bas d’une page, parfois avant même, au point d’une phrase, quand l’orfèvre a bel et bien ciselé son objet, et capté en syllabes les belles envolées, en consonnes les profondeurs. Trouver les verbes qui dessinent les jeux d’ombres et lumières sur les pianos domptés de Watine est une ouvrage d’acrobate, et entreprendre la compréhension des sentiments de Watine un funambulisme qui tend autant a vous faire chuter dans l’émerveillement qu’a vous laisser glisser sur le filin d’or des nostalgies. Et voici ce petit humble ratureur emporté dans des flots d’encre, luttant pour ne pas mettre en crue la rivière des sentiments éprouvés le temps des Appalaches, et dieu que c’est dur de s’accrocher a tant de bribes, a tant de courants sous-marins, a suivre ses émotions ballotées d’un sens a l’autre dans ces simples et intenses petites ritournelles ensoleillées entre deux averses d’été. Watine ou l’épreuve des orfèvres, puisque je n’oserai vous découvrir entièrement cette œuvre, mais je me dois de poser l’or exact sur chaque expression de la même manière qu’elle pose des lueurs sur chaque sons, et parfois du mercure pour les trop grands froids, mercurochrome pour ses plaies et parfois du plomb pour abattre de vieilles douleurs là, et parfois des citronnelles qui sont les nonchalances d’images d’enfants, ces légères acidités qui somnolaient sur ces insouciantes chansons françaises d’antan, ces mers de Trenet, ces soleils d’orchestres swings, ces orangers de Bourvil qu’on devine tristes derrière le bien-être. Watine où la sculpture finale des émotions, tassé jusqu’à être pierre ce sable des dunes, y trouver le marbre, y donner forme simple de vie assagie après les intempéries, narrer, dans les vides et les pleins de cette cariatide qui supporte son vécu en le sachant art, les douceurs sucrées qu’est capable d’offrir la main sur les touches, narrer Watine est un plaisir pour ce petit homme, plume au poing et encre en veine, au coin de sa demeure, dont l’écoute des Appalaches vient de le porter au summum des plaisirs, les mots ont débarqués sur toutes les plages possibles et jusqu’aux berges inconnues de contrées a sirènes, car Appalaches est fait pour naviguer dans les dedans dehors des heures, sans brusques bousculements, dans la sagesse de la maturité d’une fée, dans le reflet de lampions pris dans des larmes chaudes, dans la taille magnifique des orfèvreries aux facettes exposées a tous les sourires. Enfin, vous écrire avec les mots justes ce que vous vous devez de ressenti, petit travail précieux qui se doit de vous laisser le doute et l’envie de vivre entre les hauts et bas de ces bas reliefs taillé par l’artiste, qu’aucun de mes mots est capable de décrire, mais que chaque chanson de Watine peut provoquer dans sa sentimentalité simple et si belle, dans ces ribambelles de sons qui éclatent en étincelles, chaleureux et précis comme une danse de gamin, entre rituel et folie douce. Watine et revenir en haut de la page, écrire encore et encore, même si il n’y a pas de prix, même si l’on y gagne rien… que l’immense interne plaisir d’avoir essayé de ciseler encore plus, l’objet d’art des Appalaches.

Les Appalaches

Partager :

publié par le 20/11/15