accueil > articles > livres/BDs > Tony Sandoval

publié par gab le 08/06/14
Tony Sandoval - Le serpent d'eau
Le serpent d'eau

Cela faisait bien longtemps qu’une bande dessinée ne nous avait pas chamboulé de la sorte. C’est bien simple, on en est encore tout retourné. Car derrière la façade et le dessin faussement enfantin de ce Serpent d’eau de Tony Sandoval se cache une époustouflante rencontre entre deux jeunes filles où lapin/renard, dents, poulpe ont pleinement leur place et les rêves entrent et sortent de la réalité avec une facilité inquiétante.

onirisme 

JPEG - 10.2 ko

On est en premier lieu attiré par les dessins et ces larges têtes si expressives, on succombe ensuite rapidement aux couleurs et à l’univers très particulier, mélange d’enfance et d’onirisme sombre, et on finit carrément emballé par l’étrange intrigue qui prend un malin plaisir à se faire attendre, à jouer avec le lecteur, là mais pas si présente que ça pour au final s’imposer, magnifique, aquatique, d’une force surprenante. On a rarement vu une imbrication rêve-réalité aussi sensible et réussie. La dernière fois c’était il y a trois ans avec De profundis de Chanouga auxquelles les héroïnes de Tony Sandoval font énormément penser d’entrée de jeu (sans oublier la présence du poulpe). Et chose étonnante, après vérification, De profundis a été publiée aux mêmes éditions Paquet, dans la même collection Calamar (tiens, tiens) dirigée par un certain Tony Sandoval. La connexion est troublante entre ces deux œuvres aussi superbement oniraquatiques l’une que l’autre et aux effets émotionnels si similaires sur le lecteur.

hâte 

JPEG - 16 ko

Du coup, on est fortement intrigué par ce dessinateur mexicain et sa collection. Pour se rapprocher des préoccupations musicales de notre rafiot, on note dans nos tablettes de commencer par investiguer du côté de Doomboy (du même auteur donc) qui raconte l’histoire d’un garçon qui joue de la guitare électrique face à l’océan pour communiquer avec sa copine disparue. Connaissant la sensibilité de notre homme, on a hâte hâte hâte. Tout comme on a hâte de se replonger dans Le serpent d’eau qu’on est censé offrir en cadeau dans quelques jours, comme on était censé à la base offrir De profundis (à la même personne, ça va finir par se voir). Pas sur donc qu’on réussisse à s’en séparer si facilement (ou alors il faudra vite vite se le reprocurer). Et pour finir sur une dernière connexion étonnante, retrouvons Hope Sandoval (homonymesque chanteuse de Mazzy Star) et l’emblématique morceau "Fade into you", à la fois distant, rêveur, éthéré et si touchant, incontestablement la bande son idéale de cette bande dessinée.

Partager :

publié par le 08/06/14
Informations

Éditions Paquet

Pour le même artiste