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publié par benoît le 14/12/09
The Tiny
- Voir son oeuvre naître et grandir, c’est très stimulant

C’est dans le public d’une salle de concert de Stockholm que la chanteuse Ellekari Larsson rencontre le violoncelliste Leo Svensson en 2002. S’ensuit The Tiny, duo délicat et discret aux comptines pop délicieusement surannées.

Désormais marié, le couple enfante cette année son troisième album Gravity & Grace, parrainé par l’ex-Talk Talk Paul Webb. L’occasion d’une brève entrevue dans leur local de répétition stockholmois aux airs de brocante, entre piano, violoncelle, scie musicale... et piles du nouveau disque.

Ce nouvel album me semble plus délibérément pop, plus catchy !

Ellekari : Ah, c’est bien si tu le vois comme ça ! Je ne sais pas si c’est plus catchy ; c’est assez spontané en tout cas. [marquant une pause] En fait à nos débuts, on essayait un truc à la fois, une idée après l’autre, très lentement... on cherchait la mélodie à tâtons, on essayait d’apprivoiser l’énergie qui naissait quand on jouait. On se connaissait à peine et on était fascinés nous-mêmes par le son que l’on produisait ! Inventer une mélodie, un texte qui va avec, et être témoin de l’oeuvre qui commence à vivre sa vie, c’est très stimulant.

C’est toujours toi qui composes ?

Ellekari : Leo a écrit 4 chansons pour cet album. J’en ai écrit peut-être 40, mais la plupart a terminé à la poubelle. C’est comme ça que je fonctionne, j’écris beaucoup et je garde ce qui me paraît bon. Finalement on a gardé 3 des chansons de Leo et 7 des miennes.

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le 5 décembre à Södra Teatern, Stockholm

Comment s’est passée la rencontre avec Paul Webb ?

Ellekari : C’est en préparant ce disque qu’on s’est dit qu’on voulait quelque chose d’à la fois acoustique et très énergique, et l’énergie est difficile à "coucher" sur bande. On a écouté pas mal de choses dont on apprécie la production, comme l’album Spirit of Eden de Talk Talk (pas vraiment "petit et acoustique" mais on aime bien le son) et puis l’album de Beth Gibbons Out of season. Le producteur de ces deux disques est Paul Webb, on l’a donc contacté, il a aimé nos démos et a apporté plein d’idées intéressantes, il a été particulièrement pointilleux sur l’enregistrement. J’ai dû avoir 9 micros sur moi à certains moments ! Mais je crois qu’au final, ce disque est "moins produit" que le précédent Starring someone like you, mais vraiment bien enregistré. Et il a aussi fait en amont un gros travail de sélection sur les chansons : "celle-ci est aussi bonne que celle-là, mais on ne peut pas garder les deux sur le même album".

Leo : on voulait que tous les arrangements portent quelque chose de fort, que chaque son soit pertinent et ancré dans la composition.

Ellekari : oui, disons que cette fois c’est mieux préparé !

Il vous a fait utiliser de nouveaux instruments ?

Leo : Non, notre monde sonore est le même qu’avant.

Votre premier souvenir musical ?

Ellekari : hm... ah, je sais ! Mon père jouait toujours in a sentimental mood au trombone quand j’allais au lit. C’est vraiment mon tout premier souvenir musical, car je devais avoir quelques mois seulement.

Leo : moi c’était chez un voisin qui avait une cithare. Je voulais toujours jouer des accords mineurs ! Enfin, je sais l’expliquer maintenant, mais quand j’étais gamin évidemment je ne savais pas ce qu’était un "accord mineur".

T’es assez mineur comme gars en fait :)

Leo : hm...

Ellekari : ...je crois que tu ne peux pas le nier, Leo !

Comment t’es venue l’idée de jouer de la scie ?

Leo : J’ai vu une photo dans un magazine et je me suis dit que ce serait cool d’essayer. Alors j’en ai acheté une et je m’y suis mis. C’est à la fois simple et compliqué.

C’est dangereux ?

Leo : Très dangereux !

Et le violoncelle, tu as appris tout petit ?

Leo : Oui, j’ai commencé à 9 ans. J’ai fait des études classiques, mais ensuite je me suis tourné vers la pop. J’ai fait des arrangements pour Jenny Wilson, Peter Morén [Peter, Björn & John], Nicolai Dunger et the Concretes notamment.

Ellekari, toi aussi tu as appris le piano quand tu étais petite ?

Ellekari : Non, quand j’étais grande :) Il y avait un piano à la maison mais je n’ai jamais vraiment essayé, jusqu’à ce que j’entre à l’école de musique à 19 ans. C’est comme ça que je me suis mise à écrire des chansons. En fait c’est avec The Tiny que j’ai commencé à jouer du piano "officiellement", devant un public. Même si j’ai quelques amis pianistes de jazz qui me disent que mon doigté est assez peu conventionnel ! Mais en fait j’ai commencé par le jazz. Mon père est musicien de jazz, il joue du trombone, et quand j’avais 16 ans je chantais avec un big band pendant l’été. J’ai ensuite étudié l’improvisation pendant un peu plus d’un an, et fait des choeurs pour d’autres groupes. Donc, beaucoup de chant. Et je sens que ces dernières années, quelque chose s’est modifié dans ma façon de chanter. Je me sens plus libre maintenant.

- Propos recueillis le 8 octobre 2009 -

> The Tiny se produira le 20 décembre à Paris au ciné le Panthéon dans le cadre du festival Ciné Nordica

> Extrait de la session acoustique enregistrée le 29 avril 2009 au café de la danse à Paris :

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publié par benoît le 14/12/09