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publié par terant le 15/06/06
The Black Heart Procession
- The Spell
The Spell

Pall jenkins et thobias nathaniel ont de la suite dans les idées et généralement ces dernières ne sont pas humbles. Après une fantastique trilogie, fondatrice du projet black heart procession, la paire ne s’est pas trouvée confrontée au syndrome de la page blanche. En 2002, amore del tropico les voyait changer de latitude et assaisonner leur rock marécageux de saveurs latines. Illustration sonore d’un polar qu’ils réalisèrent en 2004 : le film tropics of love me reste inédit. En dépit d’un mélange chaleureux, plaisant quoique inégal, l’expérience semble presque consommée et l’étape suivante, the spell, les trouve se complaire de nouveau dans la noirceur et le désespoir.

directe

the spell est une masse brumeuse uniforme aux ambiances lourdes, à la rythmique plombée, aux sonorités diffuses. La production est plate, sans artifices, elle ne cherche pas à valoriser certains éléments. L’impression première est à la spontanéité, un enregistrement direct sans retouche. Thobias nathaniel pose les bases avec son synthé et le groupe suit dans le même souffle, sans travail supplémentaire, sans retouches ultérieures.

On discerne la vraie cohésion du groupe, la volonté d’offrir une oeuvre directe et collective, moins pompeuse et élaborée que ne l’était amore del tropico. Pour ce faire, le duo s’est adjoint les services de jimmy lavelle et de matthew resovich de the album leaf, ne gardant de la pléthore de participants (une dizaine !) au amore del tropico que le batteur joe plummer.

bourbe

Ce resserrement stratégique associé à une reverb bien plus marquée explique l’impression d’un son étouffé et brut. Pour autant, Amore del tropico n’est pas une parenthèse totalement refermée. Le groupe a en retiré une plus grande précision dans l’arrangement des morceaux. Il y a encore quelques marques d’enjouement comme sur “not just words”, ou quelques échos au précédent disque comme ce “the letter”, réminiscence de “a cry for love”.

ce retour aux sources - ou sous la vase, dans la bourbe, c’est selon - est simplement magique. Les prétentions réduites du duo leur permettent de mener haut les morceaux. Pas d’égarement dans la recherche d’un son riche, d’arrangements étoffés. Entre tragique et lyrisme, les onze petites sorts que renferment the spell ont de quoi mettre dans tous les états. Angoisse, exaltation, torpeur, la liste s’achèverait-t-elle ? Empli de charmes, l’album confirme le génie de ce groupe : sur la base d’une formule assez traditionnelle, il arrive à étaler son monde et offrir un ensemble très personnel.

ambiance

À noter, enfin, l’artwork de david babitt, aussi annonciateur de l’ambiance sur cet album, qu’il ne l’était pour le garden ruin de calexico. La tendance est bien au spleen dans l’écurie touch go. dans cette veine, les black heart procession ne sont pas les plus maladroits.

Leur retour est certes moins audacieux, il offre toutefois de formidables compositions qui vont ensorceler pour un long temps.

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publié par le 15/06/06