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publié par alex le 02/12/00
ryan adams
- hôtel du nord, Paris
hôtel du nord, Paris

du fabuleux au nul

la maison de disques de ryan adams, fargo, nous avait prévenu : ryan adams est un sacré personnage, un animal imprévisible, et notamment sur scène. dès ses premiers concerts avec le groupe légendaire whiskeytown, ryan adams, à peine âgé de 20 ans, se distingue par ses frasques répétées. trop de substances en tous genres, trop de tension, trop de grandes gueules, les concerts de whiskeytown vont « du fabuleux au nul ». autant vous dire qu’on allait qu’à moitié rassuré à ce premier concert de ryan adams en france - il n’était jamais passé dans notre pays avec whiskeytown. on s’attendait donc à tout. et, par chance, on a plutôt eu droit au meilleur qu’au pire, pour cette dernière date de la première mini-tournée européenne en solo du songwriter américain. l’enfant terrible est venu accompagné d’un tour manager-gourou-roadie, un bon américain d’une cinquantaine d’années, bonnet vissé sur la tête, qui semble là avant tout pour le canaliser et le calmer. ryan adams s’installe sans broncher sur la minuscule scène du légendaire hôtel du nord, un cadre épatant pour un concert acoustique de ce genre. adams s’assied sur une chaise pour un premier set de plus d’une heure, avec sa guitare, son harmonica, et bien sûr quelques pintes de bières et un paquet de cigarettes. son regard bleu acier qui se ballade dans le public est très impressionnant. ryan adams a, du haut de ses 25 ans, un charisme étonnant. c’est vraiment troublant, on a peine à croire qu’il soit si jeune, on a plutôt l’impression de voir une de ces légendes vivantes de la country ou de la folk, un de ceux qui ont tout connu, qui n’ont plus rien à prouver et que le public vient écouter religieusement.

verre de bière

adams entame directement par "to be young", le premier et excellent morceau de heartbreaker. quel plaisir de voir un tel songwriter tout seul avec sa guitare acoustique et son harmonica, sans artifices aucun. "to be young" passe parfaitement dans cette version acoustique, dépouillée, qui ne met plus que jamais en valeur de la musique de ce jeune américain. la voix de ryan adams est extraordinaire, à la fois claire et chevrotante, douce et rugueuse. ce premier set est consacré en grande partie aux morceaux de heartbreaker, tel le majestueux "oh my sweet carolina", très intéressant aussi dans cette version sans emmylou harris, ou "call me on your way back home". alors évidemment, ryan adams étant fidèle à sa légende, tout ne marche pas comme sur des roulettes non plus, ça ne serait pas amusant… ryan adams est d’abord incommodé par son harmonica qu’il trempe dans son verre de bière, puis tapote contre le sol plusieurs fois, et c’est reparti pour un tour ! c’est ensuite sa guitare qui lui fait défaut : sa « guitare revêche » se désaccorde toute les deux minutes, et, « contrairement à moi », nous explique adams, « elle ne peut pas boire en tournée pour se remettre d’aplomb ».

songbook

et puis c’est le tour de ryan adams lui-même, le « cranky bastard » comme il se surnomme ce soir, qui est « crevé », qui « a la crève, et quand j’ai la crève, mais cheveux sont très moches », qui trouve sa voix nulle ce soir etc… il dialogue même hors micro avec son gourou-tour manager qui le rassure - « tu rigoles, le concert est génial, tout va bien… ». le public est clairement de l’avis du tour-manager : des chanteurs malades et fatigués comme cela, on en veut bien tous les soirs. le public, d’ailleurs, parlons-en : il est enthousiaste, très américain, connaisseur,et plus proche de la quarantaine que de la vingtaine. c’est bien sûr les fans de whiskeytown qui ont fait le déplacement ce soir. nous avons même droit à une chanson que ryan adams a composé la veille, pas mal du tout. adams quitte la scène et nous donne rendez-vous dans dix minutes pour la suite et fin du concert. la deuxième partie du concert est moins chaotique. la guitare et le musicien ont retrouvé leurs esprits, et la bonne demi-heure de concert qui va suivre sera principalement composée de reprises diverses. adams a son songbook sur une chaise devant lui et tourne les pages au gré de son humeur. c’est encore une fois de très haut niveau. ryan adams rend hommage à ses idoles, et quel hommage… le concert se termine par "come pick me up", réclamé avec insistance par une partie du public. ce morceau de bravoure aux paroles crues clôture avec classe le premier concert de ryan adams sur le sol français. un dernier mot pour remecier fargo records - c’est-à-dire michel pampelune - d’avoir sorti l’album de ryan adams en france et d’avoir réussi à le faire venir en concert à paris. ryan adams devrait être de nouveau en concert en france début 2001, et attendez-vous à voir les mythiques albums de whiskeytown ressortir courant 2001.

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publié par le 02/12/00