Rencontre avec les trois membres fondateurs de Prototypes.
La conversation commence sur des chapeaux de roue sur la grande nouvelle de la semaine. La séparation de Kyo.
Isabelle - Comment ça Kyo se sépare... cela doit être une blague.
Isabelle - C'est surtout un bon coup de pub...
françois - Cela fait aussi 4 signatures d'artistes français en moins dans les majors pour l'année à venir.
Isabelle - C'est vraiment du marketing... Ca fait bien de se séparer...
François - Ca fait aussi 4 places dans les facings de la Fnac. N'oublions pas que se séparer c'est pour mieux se reformer.
Isabelle - En même temps comment faire parler d'eux... ils sont trop fades... EN parlant de ça hier soir j'ai vu un reportage dans Tracks sur The Hype, encore un des groupes anglais du moment. Le chanteur il se ballade tout simplement avec un tube de colle dans la poche. Ils font l'interview dans les loges. Le chanteur il a l'air franchement bien barré. A l'une des questions un des musiciens veut essayer de répondre, le chanteur hurle « ta gueule, c'est moi qui répond aux questions. ». Pendant ce temps t'as un autre musicien dans le fond de la pièce avec une ptite meuf sur les genoux... C'ets vraiment hallucinant. Sans oublier la caméra scotché sur la poche du jean du chanteur avec son tube de colle.
Stéphane - Bah non on a rien prévu de spécial...
Isabelle - On est juste au café
Stéphane - L'interview de Pete Doherty dans Rock and Folk. Lui il se fume carrement des pipes de crack.
François - Ha bon ?
Isabelle - Bah y avait pas mal de dopes aussi.
François - Une sorte de pre straight age. ?
Isabelle - Mais je vois pas l'intérêt de mettre des régles en fait.
Stéphane - Si le mec à besoin d'être défoncé pour monter sur scène...
François - Et puis tu peux mélanger aussi... Dope et alcool.
Stéphane - Dans le même groupe tu peux aussi avoir des avis et des attitudes différentes.
François - Alan Vega a participé au truc aussi. Je l'ai vu, ca durait un quart d'heure c'etait en même temps pitoyable et magnifique.
François - Franchement une bonne nouvelle. C'est deux groupes qu'on adore. Même si ça s'entend pas vraiment dans ce que l'on fait (rires)
Stéphane - Exactement
François - C'est très bien en tout cas
Isabelle - Y a pire comme voisin
Stéphane - Fear of a black planet je l'ai acheté au début en cassette j'ai niqué ma cassette, je l'ai racheté en vynil, je l'ai rayé... Là mon CD tient le choc, mais c'est l'album de hip hop que j'ai écouté le plus souvent.
François - Savoir que l'on dort entre Chuck D et arnaud michniak...
François - Non. J'ai un peu lâché quand même. Ils ont déjà donné tellement de choses bien que l'on en attend plus grand-chose.
Stéphane - J'ai vu que Flavor Flav faisait de la batterie en concert...
François(en riant) - Oui, j'ai vu ça.
Stéphane - En synchro avec le beat, il se démerde plutôt pas mal.
François - Dylan...
Isabelle - Ouai, Dylan c'est....
françois - Dylan, j'vois pas là.
Isabelle - En même temps inoubliable cela peut être dans plein de sens différents. Ptet qu'il a passé un mauvais moment. Mais pour le meilleur et pour le pire, être inoubliable cela me va très bien. C'est mieux que de laisser indifférent.
Stéphane - Boards of Canada on écoute vachement mais c'est pas une influence.
Stéphane - Ha là plus déjà.
François - Oui ce sont vraiment des groupes que j'aime beaucoup.
François - Ha non, moi j'adore.
Isabelle - J'sais plus où j'ai lu : « Lio sous acide »
François - Faut dire qu'il y a des fois ou c'est pas loin.
Isabelle - c'est un Lio Transformée.
François - Aussi, oui. C'est notre maximum nunuche « Dis moi ». Mais il fallait qu'on le fasse pour avoir les deux extrêmes. Fallait qu'il y soit.
François - J'aime bien avoir des retours.
François - Ca vient de quoi d'après toi. L'emballage du son, les formats des morceaux.Déjà nous on veut pas faire des disques de spécialistes... On est des spécialistes de la divertsité, cela nous empêche de nous considérer comme puriste. On veutpas faire des disque de puristes. On y fait gaffe. Cela reste vachement ouvert pour une écoute simple. Et c'est vrai que les gens qui ont l'habitude d'écouter vachement de musique le coté un peu simple de la première lecture peut rebuter.
Stéphane - On en est hyper conscient.
François - On a même pas besoin de l'assumer, on est comme ça. Cela fait partie de la façon d'écouter nos disques.
François - On sait pas grand chose, mais ça on le sait.
François - Nous on anticipe juste sur nos amis. On les connait, on sait comment ils réagissent. Onb sait qui écoute quoi, cela nous donne une échelle. Quand on enregistre on se réfère un peu à eux. Ce sont les seules personnes à qui ont fait écouter ce que l'on fait. Par rapport à ce qu'ils nous disent et ce que l'on avait envie on voit si on a mis dans le mille. Y en a qui n'aimnt pas ce que l'on fait, on sait ce qu'ils aiment et pourquoi ils n'aiment pas ce que l'on fait. On sait aussi comment ils vont l'écouter.
François - Non.
Stéphane - Généralement, non.
François - Sauf si cela rebondit sur un doute que l'on a eu. On laisse passer le truc, on revient dessus et là on se dit...ha oui ! On avait raison.(rires)
Stéphane - Mais il faut que l'on soit content de nous en premier lieu.
François - Il ne faut pas anticiper plus que ça.
Stéphane - On se projette pas dans l'écoute globale des gens, est ce que cela va leur plaire ou pas ?
Isabelle - On fait de la musique pour se faire plaisir. Si cela ne marche pas, si on n'est pas l'aise dans ce que l'on fait cela ne sert à rien de le faire.
François - On est pas encore assez pute pour ça. C'est aussi pour cela que l'on évite de trop faire écouter quand on bosse, pour ne pas avoir trop d'avis non plus. On mixe nos disques, on les rend après aux gens avec qui on bosse. C'est un peu : ça vous va ou ça vous va pas, mais c'est comme ça. Les deux albums de Prototypes sont passés sans une retouche. Chez notre manager et aussi chez Universal. Ils l'ont pris et sorti sans rien changer. Quand on le dit en général on nous croit pas... et pourtant c'est vrai...
François - Oui c'est barjot, on sait pas trop pourquoi. Par contre quand on fait un disque on ne sait pas si il va être pris ou pas. Depuis Bosco on s'est quand même fai virer de partout. Bmg, Warner, Wagram. C'est la première fois que l'on fait deux disques dans la même maison de disques.
François - En même temps la totalité du budget qui est sur nous c'est à peine l'enregistrement d'un artiste chez Universal.Pour nous c'est la marketing, le support tour... tout...
Stéphane - On est pas un groupe qui coute cher.
Isabelle - Après on a quand même une pression, car il faut vendre pas mal d'album pour être rentable. Cela nous met donc une pression suplémentaire, peut être plus que si on était sur un petit label.