Il y a des noms qui rebutent ou qui indiffèrent (je n'en citerai aucun pour ne fâcher personne) et puis il existe ces noms magiques qui de suite vous enchantent et sont déjà porteurs de beaucoup de sens. Our Sleepless Forest possède ce côté fantastique : une sorte de nom échappé d'un roman d'heroic fantasy, l'envie d'être transporté dans un univers mystérieux, peut être étrange, voire inquiétant.
Mais cela peut vite devenir piège ces noms de groupes trop audacieux, trop porteurs d'imageries fortes, la chute peut se révéler brutale à la première écoute. Imaginez qu'en fait our sleepless forest nous la joue death doom metal ou encore country blues, on serait pour le moins surpris. Apparemment ce n'est guère le cas puisque ce groupe composé de trois jeunes garçons (très jeunes : 18 ans à peine) évoluerait dans les contrées de la musique électronique, l'ambient et le post-rock.
C'est sur les bancs de leur lycée que Sam Purcell, Josh Rothberger et Karl Jawara se sont rencontrés et ont commencé à pas mal bidouiller de sons électroniques, à jouer d'instruments divers et à mêler le tout pour obtenir des murs sonores véritablement inédits. 14 mois de travail, pour aboutir à ce premier album dont l'écoute laisse rêveur. Sans véritablement pouvoir leur coller une étiquette ou totalement les rapprocher d'un radiohead, d'un mogwai, ou encore d'un sigur ros ..., ces trois garçons ont su créer un univers qui leur est propre et dès le départ créer un son bien à eux.
Alors perdons-nous dans cette forêt sans sommeil. Ce qui frappe en premier ce sont tous ces bruits, cette multitude de sons : des sons new age, des chants d'oiseaux, la pluie qui tombe, des feuilles qui bruissent, de l'eau qui coule, des voix qui chuchotent, des cris, des tintillements, des rires étranges et que sais-je encore. Alors attention, n'allez pas croire qu'on est en pleine écoute d'une musique d'ambiance new age façon Nature & Découverte : absolument pas ! Nul besoin non plus de faire brûler toutes sortes de bâtonnets d'encens ou de devenir un adepte assidu du tantrisme pour apprécier au mieux l'ambiance particulière de our Sleepless Forest. Cet ensemble de bruits et de sons électroniques s'accompagne d'une musique post-rock rendant les morceaux souvent épiques. Mais cet album de Our Sleepless forest va bien au-delà de ce qui pourrait n'être que quelques nappes post-rock, agrémentées de petits sons électroniques ou bruitiste. La construction complexe des morceaux en une multitude de couches résonantes aux ambiances variées et parfois opposées, l'imbrication d'une musique très douce et transcendante sur ces fonds sonores tout à tour apaisants ou parfois très angoissants font toute la richesse des 8 morceaux de cet album. On a bien là le sentiment que les trois garçons de Our Sleepless Forest n'ont pas seulement voulu nous proposer quelques morceaux post-rock avec différents ajouts sonores qui ne serviraient qu'à masquer une pauvreté dans la composition. Bien au contraire, on ne peut être qu'épaté, admiratif de la manière dont Our Sleepless Forest a su construire des morceaux à la fois calmes mais aussi épiques, nous transportant dans un univers chimérique sauvage et fascinant. “The Tinderbox” est sans aucun doute le titre le plus abouti et les plus représentatif du travail artistique audacieux réalisé par ces jeunes hommes.
Pour qui aime ce genre d'ambiance sonore, cet album est vraiment de toute beauté : une sorte de poésie musicale rare, un genre oscillant entre un post-rock chaotique et presque apocalyptique. Et vraiment on se dit que pour un premier essai c'est une bien belle réussite.




merci beaucoup pour ces précisions de connaisseur arnaud
oh ! je ne savais pas pour resonant !
et ce n'est pas la première fois qu'on me parle de port royal il me faut absolument écouter cela !
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