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publié par Sfar le 30/05/09
Matt Elliott
- Galerie Chambre à Part, Strasbourg

Un roman d’amitié

Matt Elliott c’est un peu une très longue histoire presqu’un long roman d’amitié comme l’auraient chanté Glenn et Elsa. Ceci depuis ce concert de juin 2005 dans un Molodoï quasi désert. Entre temps il y eut d’autres concerts et des sessions acoustiques inoubliables et . C’est ainsi que pour la quatrième fois le grand monsieur s’offre à moi. Matt, cet artiste à part, celui dont la gentillesse est proportionnelle à sa grande taille. Un des rares qui vient apprécier au sein du public les prestations des autres artistes qui partagent l’affiche avec lui. Un être accessible, ouvert et bourré de mille talents.

C’est presqu’un coin de verdure...

...que cette cour où se produit Matt Elliott. L’association Komakino présente l’artiste dans l’un des recoins les plus magiques de la capitale strasbourgeoise : la galerie d’expositions photographiques Chambre à part. C’est au fond d’une petite cour pavée et herbacée, entouré des reliques de ce qui fut une vigne magnifique que Matt Elliot prend place devant un public d’une trentaine de personnes dans une ambiance chaleureuse, privée et presque familiale.

Son meilleur concert

Matt Elliott nous paraît en très bonne forme avant son set. Cela change des fois précédentes quand il meurt de chaud dans une salle du Molodoï étouffante ou revient de ses enfers grippaux lors de ses prestations à La Laiterie ! Oh que oui : Matt est en grande forme ! Ce ne sont pas des tentatives d’apitoiement de Caliméro du pauvre à coups de "Je n’ai plus de voix, je suis cassé, j’ai mal à la gorge" qui impressionnent. Non tout ceci c’est pour le folklore Elliottien. Matt n’a jamais été aussi bien et sa prestation s’en ressent amplement.

Le set débute par la “mort de la France” avec son crescendo de "Sarko enculé, Sarko enculé, Sarko enculé..." jouissif à souhait. Pendant près d’une heure trente (rappel compris) Matt Elliott va enchainer les morceaux, toujours dans cette ambiance mélancolique qu’il affectionne tant avec ses boucles de voix, de guitare, les montées ultra puissantes en fin de titres. la magie opère ce soir comme elle n’a jamais opéré lors des prestations précédentes. Le lieu y est sans doute pour beaucoup. En salle les musiques, les ambiances tragiques de monsieur Matt nous emportent vers des ailleurs. Là encore on ressent tout cela mais s’y ajoute un petit vent de fin de printemps qui souffle sur nos nuques, des oiseaux qui passent dans un ciel pas encore obscurci, des odeurs d’extérieur, de fumées aussi (Les non-fumeurs les avaient oublié ces odeurs de cigarettes qui envahissaient les salles de concert). Tout devient subtil, tout se mêle admirablement aux sons entêtants que produit le talentueux Matt. Et même si le volume sonore s’envole lui aussi par moment ce n’est que pour le plaisir de tous ceux qui ont la chance d’être présents dans l’intimité de cette petite cour du centre ville de Strasbourg.

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publié par Sfar le 30/05/09