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> luis francesco arena - luis francesco arena (fiat lux records, 2005)
publié par gab, le 17/07/2006.

Maintenant qu'on a bien rigolé avec la coupe du monde de football, maintenant que la pression est quelque peu retombée, maintenant qu'on a enfin réussi à enfermer un Goob légèrement envahissant dans sa caisse, maintenant que tous nos collègues sont partis en vacances ; oui, maintenant on va pouvoir franchement se détendre ... et quoi de mieux pour ça que l'excellent premier album de luis francesco arena ?

dragons

Pas qu'on soit spécialement précurseurs sur ce coup là, l'album date de 2005, mais il faut dire qu'il convient particulièrement bien aux fortes chaleurs et autres envies irrépressibles de siestes à l'ombre sur pelouse molle ... sans oublier la petite brise qui caresse doucement la nuque. Tout à fait l'idée qu'on se fait d'un album estival. On imagine d'ailleurs très bien le jeune homme assis calmement sous un arbre à fredonner ses ballades acoustiques ... et on s'imagine aussi très bien allongé un peu plus loin un verre de rosé à la main, comateux, rêveurs ... on imagine et il se trouve qu'on est loin d'être les seuls car si les histoires de luis francesco arena penchent plutôt du côté triste (mention spéciale aux embryons perdus de "Fair exposure"), ce dernier sait suffisamment bien s'entourer pour que ses morceaux s'évadent nettement et efficacement du quotidien. « Some have lost the key » on n'en doute pas mais avec ses dragons, ses sirènes, ses étoiles comme moyen de locomotion, ses nains et ses chevaux volants, on ne peut pas dire que notre homme en fasse partie. Il se forge là un monde unique et précieux, et ce n'est pas ce qui nous attire le moins.

sensibilité

Côté musique, vous l'aurez sans doute remarqué, c'est en anglais et sans complexes que se lance la jeune génération d'artistes français (la new nouvelle scène française ?). Et des complexes luis francesco arena aurait tort d'en avoir puisqu'il nous livre ici un album intimiste et lumineux, rivalisant sans peine avec les meilleurs faiseurs étrangers. Un timbre de voix à la tom mcrae ou ben christophers ("Ashtray boy" très ben christophers de façon générale), des mélodies qui font mouche ("Waterlilies & creatures"), des guitares souvent seules mais éclairées (évitant judicieusement le jeu minimalo-chiant) au point qu'on n'est pas loin de regretter l'intervention du synthé sur un ou deux morceaux ("The dwarf" par ailleurs très touchant). On ne regrette pas du tout par contre les cordes sur les superbes "Fair exposure" et "The nation is wrong" ! Les deux moments forts de l'album qui démontrent un art certain de l'écriture et de l'interprétation. De fait, "Fair exposure" est non seulement beau mélodiquement mais possède en outre le refrain brise-cœur par excellence (pour peu qu'on laisse s'exprimer un tant soit peu la féminité qui sommeille en nous bien entendu), d'une intensité et d'une sensibilité assez exceptionnelles. Quant à "The nation is wrong" que dire si ce n'est « morceau parfait », le genre de chanson qu'on se passe trois fois de suite sans fatiguer le moins du monde. luis francesco arena ose enfin quitter son registre de voix aigu, qu'il maîtrise bien c'est vrai mais qui peut s'avérer un peu fatigant à la longue, pour un premier refrain et une fin de deuxième couplet dans les graves ... et ça change tout ! Ces variations au niveau du chant apportent une bouffée d'air, une humanité qu'on retrouve moins sur les autres titres. Et je ne vous parle même pas des arpèges délicates, des cordes douces et grimpantes (si, si). Et cette voix ! Et ce finish déchirant !!!

évolution

Du coup l'enthousiasme retombe un peu sur les morceaux suivants, c'est naturel, alors que ceux-ci tiennent plutôt bien la route en fait ("Care for all" notamment). Seulement comme on le précisait plus haut, le chant presque exclusivement aigu et un peu affecté lasse un peu à force d'exploitation et des morceaux peut-être moins engageants font qu'on décroche légèrement (surtout sur "The sea lion tale"). Pas que ces derniers soient franchement moins bons mais ils apportent sans doute peu de choses en plus par rapport aux très bons premiers morceaux. Pris individuellement on pourrait même à leur sujet s'accuser d'injustice flagrante (les très beaux chœurs de "Good bye black tights") mais voila un album reste un album, le voyage est complet ou il n'est pas (ou peu). Et d'ailleurs, toujours pris individuellement, "Ordinary flying horse" nous touche paradoxalement nettement moins que "Good bye black tights" alors que dans l'organisation du récit justement, dans l'évolution musicale, celui-ci s'impose et nous marque par sa rupture avec les schémas mélodiques précédents et ses refrains assez atypiques. Le film se termine ensuite judicieusement sur un "In the vineyards" très enlevé et enlevant (le synthé passant presque bien), on verrait presque défiler le générique ...

vacances

On se laisse aller, on pense petit, on voit la détente champêtre, les arbres et leurs pépins mais n'ayez crainte, tout ceci est aisément transposable sur plage, sable et parasols, c'est juste un tout petit peu moins classe avec l'odeur de chair qui brûle pour vous titiller les narines. Mais bon vous étiez prévenus avant de partir n'est-ce pas. En tout cas, vous savez quoi mettre dans vos bagages en partant. Et bon début de vacances ...

... ah, et pendant qu'on y pense, que ceux qui écoutent leurs disques en mode aléatoire soient brûlés vifs pour hérésie ! C'est dit !

[reviews]
luis francesco arena
+ luis francesco arena, porcelain tandem (2008)

2008, lendemains de fêtes, reprise en douceur avec Luis Francesco Arena qu'on retrouve à peu près là où on l'avait laissé, au milieu de belles compositions avec sa très belle voix et son beau jeu de guitare. (...) (publié le 16/01/2008 par gab)
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