Bon ok je n’ai pas vu Clerks premier du nom, aussi culte soit-il, bon ok en tant que frenchies, les blagues sur la nature trou-du-cul-esque de New Jersey récurrent dans l’oeuvre de Kevin Smith nous passent largement au dessus de la tête. Ok aussi, rarement film aura été aussi vulgaire et cradingue. Mais je vais vous dire un truc, ça faisait longtemps que j’étais pas sorti du cinéma avec un sourire comme ça, l’impression d’avoir quelque chose de frais, pas prétentieux mais pas non plus dépourvu d’une certaine intelligence. Avec des poils.
Une histoire de glande(s)
Les deux personnages principaux de Clerks II sont plus ou moins des râtés, volontaires ou pas. La trentaine déjà bien entamée, ils moisissent comme vendeurs dans un bled paumé du N. Et quand tout ça crâme ils finissent à l’équivalent local du mac donalds où ils passent leur temps à discuter de tout et de n’importe quoi, surtout n’importe quoi d’ailleurs ur le mode le plus cru et sans se soucier le moins du monde de la clientèle, n’hésitant pas à débattre sur les joies de l’anilingus ou avoir des débats existentiels acharnés pour déterminer qui du seigneur des anneaux ou de star wars est le vrai chef d’oeuvre. Le tout abondamment arrosé d’insultes vaseuses et d’insanités en tout genre, ce qui donne un parler plutôt réjouissif et potentiellement riche en phrases cultes.
A wind of change
Mais maintenant Dante lui a des projets, il va se marier et enfin se casser du New Jersey avec comme avenir, une femme, une maison bien à lui et un garage à gérer. Il est un peu gêné aux entournures parce que le tout est offert par le beau-père mais qui cracherait sur une opportunité comme celle-là ?
Son pote Randall bien sûr, qui fait donc ce qu’il peut pour l’en dissuader, ce qui se finit par une soirée de départ complètement déjantée avec un barbu looké SM et un âne (je vous laisse devenir ce qu’il peut se passer), les flics qui débarquent et tout le monde au poste.
Osons
Quelque part ça pourrait être le maitre mot de Clerks, à chaque fois, on voit se profiler quelque chose, on se dit qu’ils peuvent pas faire ça, et pourtant si ils le font, envoyer ballader tous les tabous, alignant insultes sur obscénités, drôles mais cruels, n’épargnant personne, surtout pas les chrétiens et les biens pensant en tout genre.
Et puis ce qui est étonnant c’est de voir pousser quelque chose de beau, d’un peu profond sur tout ce fumier : des scènes bizarrement poétiques comme Dante qui vernit les ongles de sa boss, une fulgurance sur la notion de normalité, sur ce que veux dire réussir sa vie quand Randall et Dante s’engueulent, à deux doigts de réduire à néant leur amitié.
C’est en cela que Clerks II est une grande réussite, un des films qui m’a fait vraiment une forte impression ces derniers mois : c’est crade, drôle, cruel, poussé toujours trop loin et donc profondément jouissif par rapport à un cinéma souvent propre sur lui et une société qui cherche toujours plus à lisser les choses. Mais Smith sait aussi instiller du sens, faitre naître quelque chose de cohérent, un message du chaos qu’est le film et encore plus ces personnages.






















et puis la BO est terrible ! :)