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publié par Mickaël Adamadorassy le 23/02/17
Cavale
- L’élan des félins
L'élan des félins

Derrière l’électro détonante du premier EP de CAVALE, il y a Caroline Bayendrian et Valentin Montu . Des noms qui vous disent peut être quelque chose si vous suivez le Cargo ! : la première avait sorti sous le nom de Brune avec l’aide du second un album qu’on avait bien aimé, dans un style plus pop mais avec déjà une affinité certaine pour les sonorités synthétiques et beaucoup de bon goût dans leur mise en oeuvre. (cf les 5 titres en session qu’on a eu la chance de capter avec eux).

Presets

Avec CAVALE, le duo n’a pas fait que changer de patronyme. Brune avait un répertoire plus pop voir chanson, alternant des pièces au piano assez dépouillées ("un cheveu blanc", "l’Araignée") et des titres plus pop-rock ("Sur ta bouche", "Paris"). L’élan des félins ne s’éparpille pas , il y a un parti-pris stylistique très marqué, une couleur électro assumée qui se retrouve sur tous les morceaux.

Des duos électro à chanteuse il y en a des tas mais là Cavale se distingue dès les premières secondes en plus d’une voix dont on connaissait déjà les qualités via Brune c’est sur le travail du son. Une des choses qui fait que votre serviteur manque de patience envers ce genre, c’est l’effet "presets", l’impression d’entendre toujours les mêmes sons, sorties des mêmes machines vintage qu’on voit tout le temps sur scène, sauf qu’elles ne sont pas utilisées pour créer des nouveaux sons mais pour recréer des sons connus.

Indus

Chez Cavale, il y a un plaisir très immédiat à simplement entendre comment les synthés sonnent. Salis, saturés, déformés dans tous les sens, les filtres poussés à l’outrance, pour arriver à un son rugueux, agressif, qui ressemble plus au courant indus des années 90’s porté par Nine Inch Nails, Fear Factory etc. Et comme chez Reznor, il y a en même temps une rythmique sous-jacente (dans le sens où a pas un kick énorme qui marque la pulsation), une base dansante qui fait qu’on pourrait passer cette musique dans une boite de nuit, plutôt le genre où tout le monde est tatoué et piercé et puis vers minuit une fille avec un serpent débarque avec un numéro de striptease hypnotique et tout le monde se transforme en vampires et ça part sévèrement en vrille.

Sex Machine

Les cing morceaux de l’élan des félins sont dans cet esprit, offre la même densité, le même mur du son, finalement très rock, même s’il n’y a pas une seule guitare. Et c’est assez jouissif... un qualificatif qu’on n’a pas choisi innocemment : là où chez Brune on parlait plutôt romance et quotidien, l’écriture de Cavale est clairement axée sur la sensualité, quelque chose qui se reflète totalement dans la pulsation de la musique, ses phases de montée en puissance, les mises en tension, les parties planantes comme dans les paroles (auxquelles on reprochera d’utiliser parfois un peu trop le on et la généralité, la musique c’est un je).

Hot Stuff

Pour un premier effort, on peut dire que Cavale a réussi son coup, au milieu de cette vague régressive 80’s, ils nous offrent un 5 titres qui fait l’effet à la fois d’une bouffée d’air frais et d’une montée de température. La question sur un album sera de voir si ce gros son qui nous fait tant de bien ne finit pas par lasser et si le groupe saura être à son aise avec des sonorités plus modernes et plus discrète qui constituent plutôt le présent de la bonne électro façon James Blake ou Lorde mais en attendant la proposition musicale de Cavale sur 5 titres tient très bien la route.

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publié par le 23/02/17