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> Bowling for Columbine - Michael Moore (2002)
publié par vinciane, le 9/10/2002.

autosatisfaction

d'où viennent donc cette légèreté ambiante et cette fausse consternation lorsque l'on sort du visionnage de bowling for columbine ? la gravité du sujet abordé par michael moore, volontairement levée par un cynisme permanent, ne disparaît-elle pas rapidement aux yeux des spectateurs pour laisser place à une sorte d'autosatisfaction... un « ah ! ça je le savais », un « ah ! ces américains, ils sont vraiment irrattrapables », un « heureusement, c'est outre-Atlantique, jamais chez nous » ou encore un « forcément, avec une constitution pareille... » ? d'où peut-on ainsi tirer autant de conclusions irrévocables ? ôtez l'ironie du documentaire, que reste-t-il ?

incessamment

la force de ce montage ne provient-elle pas uniquement des moqueries qu'il suscite à l'égard des américains et de leur administration ? qu'y apprend-on réellement que l'on ne soupçonnait pas ? y a-t-il la moindre remise en question des jugements préétablis qui ont permis le choix des séquences et de l'angle d'attaque ? pourquoi michael moore adopte-t-il incessamment le point de vue du wasp ? pourquoi n'y a-t-il jamais de témoignages de la population noire américaine, rendue responsable des maux de la communauté blanche, que du côté des victimes ? pourquoi moore n'engage-t-il pas un noir à s'expliquer sur son port d'arme, sur ses propres peurs puisque celles des blancs sont les noirs ? n'y a-t-il pas dans ce manquement un aveu de partialité ?

suivisme confortable

la succession d'extraits de journaux télévisés portant l'accusation de méfaits sur la communauté noire ne joue-t-elle pas contre l'idée qu'elle veut défendre en poussant le spectateur à soupçonner un tri savant et éventuellement trompeur ? la tendance au 100% (100% de canadiens laissent leurs portes ouvertes, 100% des crimes sont imputés aux noirs), n'a-t-elle par pour effet de jeter le doute purement et simplement sur la thèse avancée ? pourquoi moore ne cherche-t-il pas à se contredire ne serait-ce qu'un peu ? le choix de l'uniformité graphique des images (événements du 11 septembre passés au filtre vieilissant/jaunissant) ne sert-il pas lui aussi la cause de la partialité en déformant la mémoire visuelle commune au service d'une perception ? Comment se situer entre un suivisme confortable et une contestation facile risquant la dérive d'une antithèse imméritée et probablement des plus fausses ?

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