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dont look back - drunk in your arms |
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feedback
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drunk in your arms est le premier album
autoproduit tiré à 1000 exemplaires du quatuor dromois
dont look back.
brièvement il s'agit de rock plus ou moins instrumental
étant donné que sont incorporées à
leur musique des parties vocales. difficile de réduire
la musique du groupe à quelquechose de plus synthétique
et précis pour ces neuf titres qui sont loins d'être
uniformes. généralement le propre du premier morceau
d'un album est d'en donner le ton et d'accrocher l'auditeur. "hill
xxx (evil)" ne remplit pas exactement sa fonction,
il renseigne déjà sur l'univers musical du groupe
et plonge de manière plutôt abrupte l'auditeur dedans.
en effet, les principaux ingrédients se posent: à
la suite d'un sample vocal sur une nappe de synthé élégante,
les deux guitares se livrent à un exercice très
post rock par dessus la batterie. puis la machine s'emballe, les
guitares se font plus énergiques, le ryhtme plus soutenu,
quelques feedback et le sample qui revient pour former un tissu
sonore assez épais qui révèle des influences
plus lourdes, grosses guitares et riffs limite teigneux. bref,
pas le genre d'ouverture qui met l'auditeur en confiance pour
la suite. mais cette première étape ne donne pas
un réel aperçu de l'album, elle ne fait que donner
une saveur plus ou moins pertinente.
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harmonica |
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le deuxième morceau, "guillaume
stern" est déjà plus représentatif:
il contient tous les élements agencés avec plus
de justesse par rapport à l'univers du groupe: une structure
particulière qui s'articule autour d'un jeu rythmique particulièrement
inventif: la batterie conduit les mouvements qui prennent place
dans les morceaux et la basse se fait plutôt discrete, elle
agit exclusivement sur la profondeur sonore. sur cette structure
s'appuient les guitares, dont les montées énergiques
sont moins lourdes que sur le premier morceau et qui insufflent
les mélodies au morceau, les nappes synthétiques
qui contribuent aux ambiances si particulières de cet album,
et les samples vocaux, utilisés avec grande habileté,
qui fixent les ambiances des morceaux. on pénètre
véritablement cet album avec une des chansons les plus
jouissives de ce début d'année: "sundown
song for r.z" et sa lente introduction à l'harmonica,
moment de calme après deux morceaux relativement enlevés.
la guitare pose finement la mélodie sur la nappe de synthé
et le tout s'élève minutieusement avec l'entrée
des autres instruments et culmine avec le divin retour de l'harmonica.
contrairement aux morceaux précédents, la guitare
ne se fait pas rageuse et la montée se fait en douceur.
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horloge
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ces trois premier morceaux différents de
par leur coloration témoignent de la richesse du jeu de
dont look back.
À l'inverse d'autres formations instrumentales dont le
jeu est relativement statique, où les compositions reposent
sur des schémas plus ou moins similaires et des sonorités
qui reviennent souvent à l'identique, le groupe parvient
à varier en gardant un style, une marque spécifique.
celle-ci s'affirme par les éléments qui forment
le son du groupe: ces ambiances cohérentes font office
de fil conducteur pour cet album. après la parenthèse
apaisée, "stage diver's blues"
montre un groupe qui redouble d'intensité et prend l'auditeur
par suprise. c'est un retour à l'agitation du premier morceau
qui se fait brutalement, pour montrer peut-être que dont
look back ne fait pas ce à quoi l'auditeur pouvait
s'attendre. un choix relativement dangereux car il faut un peu
de temps pour se faire à cet enchainement entre le divin
"sundown song for r.z."
et ce "stage diver's blues".
l'exercice n'en reste pas moins remarquable, l'introduction à
la guitare soutenue par un jeu rythmique minimaliste, au départ
le battement d'une vieille horloge, est très réussie.
le rôle important de la batterie s'affirme pleinement sur
ce morceau où elle porte les guitares énervées
sur le passage suivant, assure la redescente et s'embarque dans
un rythme endiablé ensuite. quelques écoutes sont
tout de même nécéssaires pour se familiariser
avec ce passage délicat car énergique, jusqu'à
ce que, sous le charme de cette rythmique, on adhère totalement
à ces enchainements se concluant par un descrescendo qui
nous laisse sur le battement de la vieille horloge.
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oeil brillant |
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la transition de ce morceau avec "...and
picture of jack" est brillamment réalisée
par le rapprochement entre la vieille horloge et la maison qui
sent le vieux dont il est question dans le dialogue entre deux
hommes qui ouvre un des sommets de cet album: « cette
maison qui sent le vieux, tout ça ça fait partie
de ma passion / tu n'as plus ton oeil brillant d'autrefois ni
ta belle énergie / j'ai viellis... », bruits d'oiseaux
et cris festifs d'enfants, tandis que quelques notes de guitaire
s'égrainent. la montée se fait lentement, le groupe
franchit un pallier sonore avec la fin du dialogue, puis celui-ci
reprend curieusement au début, s'interrompt à nouveau
pour que la guitare reprenne de plus belle comme pour donner un
impact plus fort à cette conversation étrange. le
dialogue se poursuit alors sur un sentiment d'impuissance et une
volonté d'abandon des deux hommes, volonté sur laquelle
la musique prend le dessus avec une énergie croissante.
un calme relatif s'installe temporairement, un passage plus mélodique
qui ne laisse cependant que peu de place à la conversation,
la musique l'emportant sur le dégout de ces deux personnes
pour la vie, du moins « ce qu'elle contient de méprisable ».
les voix disparaissent sous la masse sonore et n'en ressortent
pas tandis que se défait petit à petit l'ensemble,
ramenant la sérénité.
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muezzin
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cette fin évoque une sorte de tempête
sonore qui emporterait tout sur son passage avant de s'épuiser
en laissant une trainée mélodique des plus réussies.
et si l'univers de dont
look back s'exprime ici de la plus belle des manière,
si on en touche vraisemblablement le coeur, l'album ne se clot
pas pour autant. "everything burns"
succède à la tempête par des sonorités
diluées, floues, vaporeuses aux dessus desquelles les cris
distants et festifs d'enfants s'élèvent à
nouveau avant d'être rejoints par quelques bruits inquiétants,
du moins étranges. deux voix surgissent en même temps
que la batterie. il ne s'agit pas d'un dialogue cette fois-ci,
une femme et un homme répètent la même chose
plus ou moins en même temps, chacun prenant tour à
tour le dessus sur l'autre. puis le dialogue s'établit
entre l'homme et la femme et le morceau s'arrête. "i
can't tell the ceiling from floor" s'ouvre alors sur
un sample de voix masculine (logique...) et une mélodie
à la guitare soutenue par une batterie minimaliste démarre
peu après, rappellant étrangement le début
de "stage diver's blues".
puis le morceau prend des allures très orientales tant
par les riffs que ce jeu rythmique qui varie sans cesse (teut
le batteur fait des merveilles et précisons que les autres
ne font pas défaut) ou encore par cette voix féminine
arabisante alors que le son s'amplifie ou l'appel du muezzin qui
retentit quelques instants après... le morceau prend un
tour hypnotique tandis que la voix féminine prise dans
un écho lointain reste en boucle, qu'un craquement de vinyl
revient en cadence et que les deux guitares répètent
leurs deux phrasés distincts.
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juliette lewis |
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c'est naturellement une voix arabe qui annonce
"old n°8 (2:00 am)",
morceau lancinant, assez minimaliste comparé aux précédentes
pistes, où les notes de guitare se répètent
sur une programmation rythmique millimétrée, le
clavier et des voix féminines superposées formant
le reste de l'espace sonore. "old n°9
(4:00 am)" est amené par un beau son d'orgue
sur lequel une guitare douce comme sur le précédent
morceau pose la mélodie. le peu d'éléments
du début est complété de manière progressive
par le reste. encore une structure originale où l'intensité
sonore s'amplifie peu à peu jusqu'à une envolée
finale digne des premiers morceaux mais qui est brusquement coupée
par un cri de juliette lewis, cri auquel succède
un bruit étrange, comme quelquechose que l'on brise, écrase
par terre... apparemment ce devait être le récepteur
qui nous liait au monde de dont
look back. un final frustrant comme pour mieux provoquer
le désir de réitérer l'excursion dans cet
univers agité, sombre, étrange, bancal, instable
mais ô combien magnifique.
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artwork
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drunk in your arms est un premier album
troublant à la structure épatante: un ouvrage symétrique
dans lequel on rentre aisément que ce soit par cet abrupt
premier morceau ou la facilité d'accès de l'ensemble,
dans lequel on se promène sans effort du fait de transistions
brillantes, et dont on sort tout aussi facilement par cette fin
radicale qui nous ramène (trop) vite à la réalité.
c'est aussi une traversée qui converge vers une impressionnante
tempête sonore qui nous ramène aux bords de cet univers,
en empruntant une douce trainée mélodique. enfin
on ne saurait bien conclure sans évoquer l'aspect visuel
de l'objet qui correspond parfaitement à l'univers de dont
look back tel qu'on se le représente par la musique
de drunk in your arms. d'une part l'artwork qui orne le
digipack témoigne du soin apporté à faire
de cette première référence un bel objet
sous toutes ses coutures et d'autre part le site
web du groupe qui en plus d'être une belle réalisation
esthétique, contient tout le matériel nécéssaire
pour se familiariser avec le groupe avant l'achat de drunk in
your arms (vidéos, mp3, photos, etc.). vu la longueur de
cette chronique, vous aurez compris l'importance que je porte
à cet album autoproduit et je vous conseille donc sincèrement
de vous procurer cet album.
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