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| rendez vous était pris
à labels pour rencontrer michel et widdy.
evidemment c'est un peu étrange de ne plus les voir chez
lithium, de savoir que l'on ne passera pas plus de temps
à parler dans les bureaux avec vincent et christophe
qu'avec le groupe qui enchaîne les interviews. pour être
honnête sur le cargo! on a déjà du
mal à se dire que dominique
a n'est plus chez lithium alors avant qu'on se
fasse à l'idée pour les programme,
expérience
ou les oslo
je crois que ce n'est pas prêt d'arriver. en tout cas
on est très heureux de pouvoir passer un moment avec
la moitié du groupe et de vous faire profiter de l'intégrale
de cette conversation de haute volée (il n'y a qu'à
voir le début !) avec les expérience
qui viennent de nous apporter un pur disque de rock, avec tout
pleins de guitares dedans et qui nous promettent une tournée
à ne pas rater avec en guise de premier rendez vous parisien
un nouveau casino le 30 avril. |
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| michel : ca enregistre
là ? il va sous l'eau ton md
on dirait une montre
ou un i pod ! les i-pod, ça enregistre aussi ? |
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| air : je crois oui
bon,
on y va
parce que maintenant on a 30 minutes, ça
rigole plus. on est dans un major quand même ! bon, je
commence toujours par la même question : expérience
se retrouve chez moi entre etant donnés et
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| michel : je connais, de
nom
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| air : ils viennent de jouer
avec a. vega et christophe
et fad gadget
! |
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| michel : oui, je vois
c'est bien ça, mais c'est parce que tu as de bons disques
chez d'autres cela peut être entre
d'autres disques. |
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| air : ca vous va comme voisins
musicaux. |
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| michel : a vrai dire je
ne connais pas très bien, mais ça me paraît
pas mal. je connais de réputation, j'ai jamais vraiment
écouté. cela me semble pas mal ! |
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| air : bon on peut difficilement
commencer sans un mot sur lithium. que pensez-vous de
la fin de lithium et de la situation actuelle du disque.
dernièrement la fnac a annoncé que leurs
ventes étaient excellentes, contrairement à ce
que l'on peut lire partout. |
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| michel : je crois que la fnac
a installé une nouvelle manière de comptabiliser.
tout est pointé à la caisse. si ton disque reste
2 ou 3 semaines en rayon et qu'il ne se vend pas, il part tout
de suite dans les retours. cela fait de la place dans les rayons,
en gardant surtout les disques qui se vendent. c'est peut être
ça leur bon résultat. notre disque ne va peut
être pas rester longtemps à la fnac
(rires)
la crise
euh
oui, il y a une crise, mais je suis
assez partagé la dessus. pour les majors il y a un problème
avec les actionnaires qui veulent toujours plus. et puis si
elles en sont là aujourd'hui, elles l'ont quand même
pas mal cherché. c'est à dire qu'il y a des choses
qui se sont développés comme internet et elles
n'ont pas su adapter leur marché à ça
et en même temps, on en parlait il y a cinq minutes avec
les gens de labels, le public en a peut être marre de
claquer 150 balles pour un album où il y a un ou deux
bons titres. il y a pleins de " grosses sorties "
avec un ou deux titres valables sur l'album et le reste c'est
du remplissage autour du single, alors faut pas s'étonner
que l'album ne se vende pas. il faut aussi adapter les moyens
de production, les coûts à la crise économique
du secteur. c'est à dire que plutôt que de mettre
le paquet sur un album et de mettre l'artiste à la porte
si l'album ne se vend pas, tu produis deux ou trois disques
avec le même budget et donc tu développes ces artistes
au lieu de jouer la carte de l'artiste jetable. parce que les
gens ne sont pas aussi idiots que ça et que dans la situation
de crise se sont les petits qui morflent en premier. |
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sinon, lithium aux dernières
nouvelles c'est pas totalement terminé, le catalogue
reste. je ne sais pas encore ce que va faire vincent
(n d r : vincent chauvier fondateur et grand manitou
de lithium)
nous, quand on a appris ça
cela nous a un peu
c'était un coup dur, juste au
moment où l'on devait sortir un disque. cela faisait
plus de dix ans que je travaillais avec eux. cela à été
un peu une douche froide. c'est vrai que l'on n'y peut rien,
on espère juste que pour eux il y aura un moyen dans
le futur de refaire quelque chose. des gens comme vincent
il y en a besoin dans l'industrie musicale. je ne peux que lui
conseiller de ne pas arrêter, de continuer cela
parce que des gens qui ont du goût, qui ont des choix
intelligents et surtout une véritable direction artistique..
ce qui est un peu le pourquoi de la crise dans l'industrie du
disque
c'est à dire qu'il y a beaucoup de marketing,
mais pas assez de direction artistique.
l'investissement dans la direction artistique c'est le propre
des labels indé, il y en a souvent beaucoup plus que
des moyens ou de marketing. j'espère vraiment que vincent
va rebondir et ne pas laisser tomber. il faut absolument qu'il
y ait des gens comme lui dans la musique. |
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| air : quand vous êtes
arrivés à labels, l'album était
fini. il n'y a eu aucun changement ? aucune demande de la part
de labels ? |
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| michel : comme il était
terminé, c'est assez difficile de refaire faire des choses,
et je crois que cela leur plaisait comme ça
tant
mieux. l'histoire c'est que le transfert juridique a été
vachement long, ça a pris 6 mois. l'album aurait dû
sortir en fin d'année dernière et il sort au mois
de mars. il y a eu tout un tas de truc juridique sur les contrats
qui ont été vachement longs. on a enregistré
en avril 2003, on a mixé en juin et on était prêt
en août. |
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| air : juste quand lithium
a vraiment commencé à prendre l'eau et qu'ils
ne pouvaient même plus investir sur la sortie des albums
finis
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| michel : oui, en plus il
y en avait trois : oslo,
bertrand betsch et nous. (n d r : il y avait aussi le
bogue de programme)
c'est déjà un bel exploit d'avoir tenu lithium
plus de 10 ans. c'était pas évident de faire vivre
cela aussi longtemps. il y a quand même un beau passif
connaissant vincent
je ne peux pas parler à sa
place, mais il peut s'y remettre
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| air : j'ai souvent parlé
avec vincent de la situation. du rapport musique/média
par exemple. il m'a toujours dit qu'il y avait beaucoup d'articles
sur expérience
ou programme
mais que l'influence des papiers sur les ventes était
vraiment faible. |
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| michel : aujourd'hui ce
qui fait vendre c'est la radio. |
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| air : sur hémisphère
gauche, il y a plusieurs morceaux qui sont quand même
largement " diffusables " à la radio. assez
accrocheurs. mais en étant assez réalistes on
sait tous que cela va être super dur que vous soyez diffusés.
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| michel : bien sûr,
la musique est vraiment ultra formatée ! |
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| air : pourtant les paroles
sont engagées, mais pas provocantes ou choquantes
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michel : non, mais
tout est lisse. mais le public achète beaucoup moins
de disques, les gens en ont marre d'entendre l'énième
copie d'untel ou untel. peut être marre aussi d'être
pris pour des cons avec des albums avec deux singles dessus
et c'est tout, que l'on entend à la radio et le reste
n'étant que du remplissage. moi, je garde espoir. je
me dis que si nos musiques ne passent pas vraiment à
la radio, on continue d'intéresser quand même un
certain public. d'une autre manière. par la scène
déjà, je ne sais pas.
widdy : on est aussi une sorte d'alternative à
ce qui se passe à la radio. finalement c'est peut être
pas plus mal de ne pas être mis dans le même sac.
michel : en même temps si on y passe cela ne me
dérange pas. j'ai rien contre la radio spécialement
mais c'est vrai que c'est assez impénétrable en
ce moment. on va voir, on ne sait pas encore ce qu'il va se
passer. |
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| air : vous avez prévu
des morceaux à mettre en avant
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| michel : il y a plusieurs
morceaux, mais on en parle encore en ce moment. aujourd'hui
il y a aussi d'autres moyens pour les gens qui écoutent
de la musique d'y accéder. je pense que les gens en ont
eu un peu marre de la presse, d'être pris pour des cons
aussi toutes ces dernières années. de se retrouver
avec pleins de disques moyens. avec la presse, tu sais plus
très bien si tu lis un magazine ou un dépliant
de maison de disques. on achète plus la presse pour se
tenir informé que pour y trouver un avis. sinon soit
tu écoutes la radio, et tu entends directement le morceau
en question, soit tu vas sur le net et tu accèdes à
pleins de choses. cela m'arrive très souvent de télécharger
des morceaux ou des extraits d'albums pour me faire une idée.
si j'ai l'impression en écoutant les extraits qu'il y
a trois chansons qui sont bonnes je les télécharge
et je n'achète pas le disque. mais si ça me plait
je l'achète. c'est peut être un piège mais
en ce moment on est en pleine mutation. il y en a qui parle
de la disparition du format cd pour la distribution de fichiers
numériques. on est un peu dans une période un
peu merdique, parce qu'on est le cul entre deux chaises. entre
l'ancien support - le disque classique, avec sa pochette
- et une autre manière d'écouter de la musique.
je ne sais pas si c'est mieux ou si c'est moins bien, mais je
crois qu'il ne faut pas trop se poser la question. il va bien
falloir réagir quoi qu'il arrive. il faut essayer de
trouver le meilleur compromis. nous sommes à une époque
charnière et c'est pour cela que les maisons de disques
sont un peu perdues. |
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| air : et plus elles sont grosses,
plus elles sont lentes à réagir
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| michel : oui, c'est ça
et c'est vrai que c'est assez délicat pour elles de s'adapter.
ce n'est sûrement pas évident de trouver des parades
je ne sais pas
je ne sais pas
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| air : parlons un peu de l'album,
quand même
est-ce plus l'album d'un groupe uni par
rapport au premier ? |
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| widdy : pour le premier
nous sommes arrivés en cours. pour celui là on
a composé ensemble dès le début. du premier
au dernier morceau. ce qui fait toute la différence avec
le premier album où les choses étaient déjà
faites avant qu'on arrive. je pense que cela se ressent. |
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| air : il y a un coté
résolument plus rock
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michel : ca c'est la scène
parce qu'on a beaucoup tourné. a l'époque du premier
album j'avais pas fait de scène avant d'écrire
les morceaux. l'album avait été pensé de
manière un peu bizarre. il y a des morceaux que j'ai
enregistrés tout seul qu'on a pas du tout retouché,
d'autres qu'on a retravaillés ensemble que j'avais déjà
maquetté. c'était pas vraiment adapté à
la scène, on s'en ait très vite rendu compte.
et puis de faire autant de concerts ça a soudé
le groupe humainement et musicalement surtout. je pense que
cela se ressent quand on écoute le nouvel album. ce qui
a rendu les choses beaucoup plus rock. de par le son de groupe,
de par l'expérience de la scène. on a sentit tous
ensemble la direction qu'il fallait prendre sur les nouvelles
chansons. mais ce qui est paradoxale avec le disque c'est que
c'est à la fois beaucoup plus rock que le premier et
en même temps beaucoup plus sampler.
widdy : c'est ce que j'allais dire. il y a quand même
un autre niveau de recherche, une autre perspective qui s'ouvre
avec certains morceaux comme "hémisphère
gauche" ou "le diable", où il y a eu plus
de recherche
cela a pris plus de temps à trouver
quelque chose qui nous stimulait que certains morceaux qui sont
plus des morceaux
c'est pas qu'on s'en lasse
michel : c'est plus des morceaux de scène
ce que j'aime bien dans le disque c'est l'équilibre entre
des chansons très rock, plus " classique "
et d'autres qui ne sont pas moins évidentes à
écouter mais qui sont plus personnelles en terme musical.
c'est ce que j'aime bien et c'est assez paradoxal par rapport
au premier album. hémisphère gauche est
beaucoup plus rock, mais plus machine en même temps. même
pour les voix il y a plus de pêche, plus d'agressivité
et en même temps quelques bribes des mélodies
c'est un peu de
tout ! |
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| la
suite (2/3)
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