le blog collectif des rédacteurs du cargo!

Spectacle cargotien de fin d’année

Enregistré dans : en musique, chroniques melunaises — gab à 10:28, le Lundi 31 décembre 2007

ou Chantal Goya, Melun le 23/12/07

La moyenne d’âge ayant singulièrement grimpée ces dernières années sur notre bon vieux rafiot et avec elle le nombre de charmants moussaillons en culottes courtes, nous voici désormais dans l’obligation quasi-contractuelle d’organiser un petit spectacle de fin d’année, comme toute entreprise humaine qui se respecte.

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Notre budget spectacle étant, comme nos autres budgets d’ailleurs, plutôt limité, c’est tout naturellement qu’on se tourne vers les richesses culturelles mises à notre disposition par d’autres communautés humaines de plus grande envergure afin de satisfaire nos chers petits mousses blonds (on est au rayon enfant et non bière, ne vous y trompez pas). Or dans les moments de détresse, on le sait maintenant depuis maints reportages cargotiens, on peut compter sur la Ville de Melun et ses grandes fêtes populaires pour nous sortir de nos mauvaises passes.

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Cette année, gloire aux cieux et à nos impôts locaux, monsieur le maire a opté pour l’égérie de notre enfance, l’infatigable, l’immense Chantal Goya ! Car en effet, tel un phoenix dans le bureau de Dumbledore, l’interprète éclairée des tubes inoubliables de notre jeunesse renaît ces temps-ci de ses cendres (et des soirées rigolumiliantes en boites) pour refouler la tête haute les planches de France et de Navarre. C’est donc tout à fait rayonnante qu’elle nous a fait la totale, de Snoopy au Chat botté en passant par Capitaine Flamme (écrite par Jean-Jacques Debout visiblement). Et même la version techno de Bécassine. Le tout avec personnage déguisé différemment sur chaque morceau pour l’accompagner. Du grand spectacle !

Maintenant c’est vrai, il est facile de se moquer et ce n’est sans doute pas très charitable. Mais que dire de notre joie de trentenaire nostalgique à réentendre par son interprète originale le classique et adoré Voulez-vous danser Grand-Mère ? Que dire aussi de notre déception profonde en se rendant compte qu’on était arrivé trop tard pour entendre l’énormissime Un lapin ?

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Et pour finir ce n’est peut-être pas Scout Niblett (encore que, la perruque de Scout il n’y a pas si longtemps …) ; elle ne lève plus la patte aussi haut que Snoopy, on vous l’accorde ; mais pour ses 65 ans, dehors à sauter dans tous les sens par une nuit à -5°c, il faut bien reconnaître qu’elle a encore sacrément la forme Chantal … et avec un mental de winneuse comme ça, tremblez pauvres mécréants, on n’a pas fini de la voir revenir nous hanter de plus belle pour des siècles et des siècles. Amen.

[voir la série complète de photos]

Celui qui avait trouvé ses écouteurs

Enregistré dans : en musique — micky à 22:28, le Mercredi 26 décembre 2007

fait suite au post précédent sur la recherche du saint-graal des écouteurs

Résumé de l’épisode précédent : après moult recherches et rebondissements l’auteur a fixé son choix sur les shure e2c, trouvés à 60 euros environ sur amazon. Quelques jours plus tard un gentil livreur UPS vient déposer une grosse boîte…

1 - packaging, accessoires  et fabrication

Qui contient un peu de rembourrage mais surtout une presque aussi grosse boite avec les écouteurs dedans. Fournis avec une petite boite en tissu pour les ranger, les embouts qui s’insèrent dans l’oreille servent à maintenir l’isolation : il y en a façon boule quiès en mousse à malaxer, en pvc et en caoutchouc mou le tout dans trois tailles à chaque fois, donc normalement on trouve forcément celui qui va bien. Et c’est important d’en tester plusieurs surtout pour les basses qui ont tendance à disparaitre si les embouts sont mal choisis.

Les écouteurs en eux même sont volumineux, beaucoup plus que des écouteurs normaux mais ca n’est absolument pas génant et ne nuit pas à la discrétion. Point très positif, les cables sont très épais, on sent bien que c’est du Shure (qui fabrique le micro utilisé sur la plupart des scènes du monde, un micro qui résiste à peu près à tout, aussi bien aux chutes qu’à un djeun chanteur de neo metal en train de muer) et ca inspire confiance (mais à ce prix là, j’ai quand même essayé de me motiver à les ranger systématiquement dans leur boite). Au niveau du bruit mécanique quand les fils se frottent aux vêtements par exemple, là pas de magie, il peut y en avoir mais honnêtement si on sait mettre ses écouteurs, qu’ils coutent 2 euros ou 200 ca n’est pas un problème…

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2 - l’isolation 

Maintenant passons à l’essentiel… le son. Bon alors dans ce domaine tout est subjectif et surtout les termes utilisés pour décrire le son forment un vocabulaire imagé qui parle pas forcément à tout le monde (allez définir la chaleur du vinyl ou la brillance d’un son…). De même juger par gamme de fréquences dire que le haut-medium est ceci ou celà, surtout quand on sait à quel point on est une génération qui a les oreilles dévastées. Bref je vais pas être très analytique, juste dire mon ressenti…

Qui commence par l’insertion des écouteurs, qui se fait sans problème et assez vite, la sensation d’isolation, le ressenti des bruits intérieurs peut paraitre dérangeante au début mais comme je porte régulièrement des bouchons pour les concerts et les répètes, ça ne m’a pas gêné. Par contre, au bout d’un moment on peut ressentir une sensation d’oreille bouchée qui donne envie de les retirer 2 secondes mais rien de très génant et ce n’est pas systématique.

Et puis la dite isolation a une gros gros avantage : scène du quotidien : vous vous affalez sur le siège du métro où vous venez de monter, la nuit n’est pas tout à fait finie, vous avez envie d’émerger tranquillement en musique, un petit exit music (for a film) peut être? Et là l’horrible accordéoniste monte et balance son playback de merde qui saoule toute la rame. Et là vous vous dites, je suis maudiiiiit. Mais là quelque chose a changé : l’accordéon bouge mais vous n’entendez pas d’autre musique que la guitare acoustique et la voix de Thom, juste une vague rumeur au dehors mais rien de génant et quand tout le groupe est rentré, là vous êtes carrément dedans, sans avoir eu à monter le volume super fort. Groovy…

3 - du “beau” son
Bon et donc le son : à 60 euros, je suis sûr que vous vous attendez à ce que le changement soit impressionnant, que je vous parle de musique redécouverte, de sonorités jamais entendues auparavant etc etc.. je vous arrête tout de suite, la première écoute peut être limite décevante : je n’ai pas trouvé le son éblouissant, je n’ai pas été soufflé, je n’ai pas eu l’impression de redécouvrir mes disques. le contraire du spectaculaire.

Et c’est ce que je voulais : d’une manière générale , le gros son, le “beau” son n’a rien de neutre, comme le client en veut pour son argent, le concepteur d’une chaine soit disant haute-fidélité il va vous donner de la chaleur et de la brillance, parce qu’il faut bien qu’en 5 minutes d’écoute chez le revendeur vous soyez impressionnés, parce qu’il faut que le prix s’entende. Au final, la musique n’est plus celle qui a été enregistré et ce beau son lasse.

Pour le son brillant, celui qui fait ressortir les arrangements qu’on entend quasiment pas, cela ne se fait pas gratuitement : en poussant les fréquences aigues, on produit un son fatiguant, où les sifflantes ressortent très vite, où certains sons deviennent dénaturés. l’impression de naturel n’y est plus, ca semble un peu frêle alors on rajoute des basses mais y a toujours un problème.

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les shures e2c (à droite) vs des écouteurs sony classiques

4 - Le verdict

Quand j’ai eu mes moniteurs (= écoutes neutres destinées à la production musicale), ca a été un peu la même chose : je partais d’un système pas trop mauvais et le changement ne m’a pas ébloui sur le coup, mais très vite on réalise le fossé qui sépare des écoutes professionnelles d’enceintes multimedia même “haut de gamme”, le son n’est pas flatteur mais on entend tout bien, l’impression de naturel, la possibilité de suivre chaque son, chaque instrument, d’entendre naitre et résonner chaque note.

Les shure c’est exactement pareil, les premières minutes ne sont pas impressionnantes, on a juste le sentiment d’avoir retrouvé le son, d’entendre la musique comme on a l’impression qu’elle devrait sonner, on est plus embourbés dans les basses, il y a de l’air, l’espace acoustique qui se forme est agréable, les aigus sont présents ce qu’il faut. Et puis si on prend la peine de se concentrer, on accède au plaisir analytique, les sons se détachent plutôt bien, on peut apprécier les subtilités des grosses prods blindées d’arrangement façon nigel godrich, se laisser marteler par la dynamique du premier placebo parfaitement restituée, retrouver le son crade à souhait d’in utero ou la beauté sublime du lapsteel sur le in the reins EP d’Iron&Wine + Calexico. Du metal couillu à la folk intimiste, tout y est à peu près passé même un brin de hip-hop/slam avec Kwal et tout passe très bien avec ses écouteurs. Après pour le R’n'B et la tek, ma foi vous avez pas choisi la bonne review mais je vois pas pourquoi ca ne marcherait pas..

Il existe une offre plus que pléthorique en matière d’écouteurs, et il y a encore plus de tests, d’avis, d’informations contradictoires, de gens qui vons vous ditent ca c’est mieux et ca coûte moins cher ou ça c’est nul, y a que tel autre modèle qui est bien, mais au final soit on tourner en rond soit on arrive à des modèles dont le prix est tellement énorme qu’on a plus de doutes qu’ils sont bien. Je prétends pas que les shure soient le meilleur rapport-qualité prix ou quoi que ce soit. Ils ont surement tel ou tel faiblesse dans la reproduction du spectre mais je m’en fiche, j’en suis très content, la qualité du son, le sérieux de fabrication justifie le prix et je vois pas ce qui m’en ferait changer. Au bout d’un moment, il faut se demander si son but c’est de maximiser son investissement ou écouter de la musique. Je trouve que les shure répondent aux deux problématiques plutôt bien :)

Une perle au milieu de 45 000 nigauds

Enregistré dans : en musique — sfar à 12:37, le Dimanche 16 décembre 2007

« Sur MySpace, vous allez voir 45 000 nigauds, les 45 000 artistes ratés qui ont ouvert leur page… » c’est ce que déclarait avec toute la délicatesse qu’on lui connaît notre garant auvergnat du bon goût musical français.

Hélas, cette phrase très maladroite de Monsieur Jean-Louis cache peut être un soupçon de vérité auquel fort heureusement Del Cielo échappe. Pour naviguer dans cet espace depuis plus de 2 ans, recevoir de nombreux messages promo dans cette sphère ou ici même sur notre bon Cargo ! le meilleur côtoie souvent le pire. Certains pensant que le simple fait d’avoir récupéré à la cave le synthé Bontampi de leur grand frère fait d’eux des artistes que la nouvelle scène française attend depuis des années. Chaque jour, on nous promet 3 révélations de l’année, les albums évènements se succèdent plus vite que la musique et les concerts à ne pas rater n’en parlons même pas, pour assister à tous il nous faudrait maîtriser l’ubiquité niveau pro.

Difficile compromis pour un groupe : entre vouloir faire une promo qui donne envie qu’on jette une oreille sur un travail qui est pour certains leur vie, pour lequel ils se battent depuis des années et garder quand même l’humilité et une vision réaliste de la qualité de ce qu’il propose. Quand certains se disent influencés par Shellac et que le jeu de batterie d’un Tod Trainer se transforme chez eux en trois poumpoumpatapoum sur un tambourin, que pour d’autres le seul rapprochement avec Mogwai serait l’envie subite de mettre des bouchons d’oreille (pas pour des soucis de volumes sonores trop élevés dans ce cas là) ou que d’autres pensent avoir la voix et le phrasé si délicat d’un Dominique A alors qu’on oscille dans une imitation plus que laborieuse… on est forcément déçu.

Alors oui ! Il faut le dire honnêtement, tout ce qu’on reçoit en promo, les artistes qui peuvent nous solliciter, tout ce qu’on trouve sur myspace ou ailleurs n’est pas obligatoirement de qualité. Il faut cesser d’avoir des croyances infantiles : ce n’est pas parce qu’on fait preuve de bonne volonté depuis des années, qu’on a déjà fait quelques concerts, et surtout qu’on s’autoproduit que c’est un gage de qualité. Au final ce n’est ni respectueux, ni aider ces artistes-là que de leur faire croire hypocritement que ce qu’ils font « c’est trop bien ! ».

Ce préambule étant fait. Vous imaginez alors le bonheur que c’est, au milieu de tout ce grand n’importe quoi, de dénicher des perles (et il y en a beaucoup, fort heureusement) comme ce fut le cas pour le groupe Del Cielo. Témoignage rassurant concernant la bonne santé de la création, de l’originalité et de la qualité artistique des artistes français….

suite de la chronique de Del Cielo ICI

Décembre

Enregistré dans : en musique — gab à 11:50, le Mardi 11 décembre 2007

ou The Brassens / La Pompe Moderne, Plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort

Décembre … l’heure des bilans chroniquologiques et surtout le moment ou jamais de passer à la moulinette les albums qu’on aurait voulu/dû chroniquer cette année et qu’on laisse traîner honteusement depuis des mois (les Shannon Wright, les Kristin Hersh …).

Moment aussi où on pourrait continuer de les délaisser tranquillement pour cajoler nos engouements personnels du moment (les Stuck in the sound, les Beirut …).

Moment enfin où on pourrait prendre un peu d’avance sur les CDs reçus et qui sortiront en début d’année prochaine (Luis Francesco Arena par exemple), pas très cargo-timement correct comme option on vous l’accorde mais ça permettrait d’attaquer l’année 2008 sur de bonnes résolutions entamées dès décembre. Du jamais vu.

Oui mais voilà, décembre c’est Noël ! Et Noël c’est festif ! Et festif c’est Compagnie Créole (si, si, évidemment). Et si ça fait rire les oiseaux de passage, c’est du tout bon pour nous autres mauvais sujets repentis.

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Et donc voilà, il se trouve que nous avons reçu il y a peu, en complément du nouveau Luis Francesco Arena justement, un sympathique cadeau-bonus de Noël : l’ep décalé et jouissif de The Brassens, groupe qui commence à faire son petit chemin jusque sur nos radios nationales (entendu l’autre jour sur France Inter). Le concept, puisque concept il y a : Georges Brassens en ayant marre de ne plus orner désormais que des rues et des salles de spectacle, décide de faire un come-back triomphal en reprenant les tubes des plus jeunes générations. Et parlant de générations, on en trouve quelques unes qui se côtoient allégrement sur ce CD quatre titres, d’IAM à Daft punk en passant par Diam’s et La Compagnie Créole, la palette est large. Le tout joué à la manière de Brassens vous l’aurez compris, grosse voix pataude incluse.

Le plus fort dans toute cette histoire, outre le côté amusant de la chose, c’est que ça fonctionne particulièrement bien. Musicalement notamment, ils ne se contentent pas du petit rythme habituel “à la Brassens” joué juste à la guitare, façon feu de camp. Non, on a droit à la totale avec gris-gris de guitare manouche ainsi que des orchestrations très réussies et stratégiquement placées de clarinette et autres cuivres. C’est plus vrai que nature.

Ensuite il y a bien sur l’interprétation. Si on passe rapidement sur le tour de force de reprendre du Daft Punk à la Brassens (avec le très brassensien jeu en contre-temps) et un “Mia” d’IAM plutôt Brassens-à-papa (mais qui fonctionne très bien, ne boudons pas notre plaisir), les vraies perles de cet EP, les belles trouvailles, ce sont la reprise du “bal masqué” de la Compagnie Créole et de “DJ” de Diam’s. Pour la première, c’est tout simple, guitare-contrebasse, pas de chichis, à l’ancienne, du Brassens des débuts … et comme l’originale, elle reste bien en tête toute la journée mais sans crispation aucune, avec le sourire. On frise l’exploit. Pour la seconde, on est emballé par les arrangements de clarinette et par l’adaptation aussi, ça colle parfaitement et il faut entendre “chuis pas une bombe latine ni une blonde platine, DJ” avec la voix de Brassens pour le croire.

Vous l’aurez compris, c’est drôle, c’est frais, ça nous change des hommages vertueux et frileux rendus habituellement à Brassens et sur lesquels, il faut le dire, on s’emmerde en général royalement. C’est quand même autre chose que ces interprètes mous-du-genou qui oublient à chaque fois que la vraie et réjouissante Brassens-touch, c’est l’irrévérence.

Post-scriptum

Et voila, on traine, on traine et entre temps The Brassens semble s’être vu contraint de revoir son patronyme pour un plus neutre et sans doute moins déposé : La pompe moderne

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C’est bien dommage je trouve mais que ça ne vous empêche surtout pas d’aller y jeter une oreille.

http://www.myspace.com/lapompemoderne
http://www.lesdisquesbien.com