le blog collectif des rédacteurs du cargo!

ceux qui livret d’art

Enregistré dans : en musique — gab à 13:40, le Vendredi 28 septembre 2007

 ou Lonah, Glazart, 27.09.07

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photos : Micky - le cargo !

J’étais parti pour vous raconter tout un tas de choses passionnantes sur le concert de Lonah et d’Exsonvaldes hier soir à glazart (Paris). J’allais sûrement commencer par mettre une bonne tartine sur le chinois cargotien pré-concert et ses discussions nemiennes sur le rachat de dailymotion par notre amiral préféré ou encore le crucial faut-il coucher (définitivement, il faut). J’aurais ensuite enchaîné sur nos réflexions artistiques de première partie (nos excuses à General Purpose) sur fond de faut-il continuer, de format d’album et de soli démonstratifs … ou pas (définitivement pas là). J’aurais fortement loué l’esprit art libre de la soirée entre l’exposition des photos / peintures lonesques et les photos-cartes à acheter sous forme de don libre … sans oublier de féliciter glazart pour les efforts de relooking intérieur et extérieur de la salle (oui ça faisait un bail que je n’y étais pas venu). J’en aurais peut-être profité, avant d’attaquer les choses sérieuses, pour faire un petit flash-back sur mon étude geek de la semaine : faire écouter “les droïdes” de Lonah en boucle à mes collègues informaticiens pour voir s’ils passaient automatiquement en mode Tetris (résultats qu’à moitié concluants d’ailleurs).

Et puis évidemment je me serais attardé sur les aspects plus musicaux, notamment ma difficulté à rentrer dans le set de Lonah et ma frustration face au chant de Raphaëlle dans lequel j’ai peiné à retrouver le jeu et le trouble qui m’avaient séduits sur album. Il faut dire que le ton était résolument plus rock en concert et du coup on perdait un peu les variations d’ambiances qui fonctionnent si bien sur disque. Oui j’aurais commencé par une vue quelque peu mitigée, un peu à contrecoeur à vrai dire, en traînant du stylo, faiblissant dans la pente, pour ensuite aller vers plus de luminosité, plus de gaieté. Avec le groupe tout d’abord, bien au point, bien rodé et plutôt inspiré une fois passé les premiers morceaux et l’affinage de la balance. La relecture pour la scène, avec instruments donc, des morceaux mêmes les plus électros fonctionne elle aussi très bien. La chanteuse, Raphaëlle, ensuite, virevoltante à souhait et maniant l’enchevêtrement de voix grâce à sa pédale sampleuse. Reste encore un effort à fournir sur la justesse (mais s’entendait-elle bien vu le niveau sonore des musiciens ?) pour que l’ensemble devienne complètement enthousiasmant et décoiffant. Le potentiel est là en tout cas. Et les morceaux tout de même avec la très forte impression de l’inédit de milieu de concert, morceau très puissant et marquant, une bombe à enregistrer très très vite s’il vous plait. Pour finir, j’aurais à nouveau remis une petite couche de frustration, celle de devoir partir après le premier morceau d’Exsonvaldes pour cause de transports pénibles et de retards dans les horaires de passage des groupes et ce malgré l’invitation de Simon à opter pour le Velib pour le retour. L’idée avait un certain charme c’est vrai mais 50 bornes en vélo à cette heure là, il faudrait aussi qu’il propose les cocktails dynamisants qui vont avec pour bien faire.

Voila. Je vous aurais volontiers entretenu un moment de toutes ces considérations toutes plus intéressantes les unes que les autres, je vous aurais même parlé du train en taule ondulée qui s’en va cahin-caha traîner sa carcasse pourrie dans les intempéries nocturnes, c’est dire. Mais voila, sur le chemin du retour je découvre enfin le fameux livret d’illustrations d’Au fond du temps (deuxième album de Lonah) et je perds un peu mes moyens … et pas seulement à la vue des remerciements, merci bien. Il se trouve que j’en attendais beaucoup, du concert aussi ce qui explique sans doute la demi-teinte exprimée plus haut, et que je suis comblé au-delà de mes espérances. C’est superbe ! Magnifique même, allons-y gaiement. Et du coup l’herbe est coupée sous le pied, moins envie d’écrire, plus envie de regarder, l’album en question dans le casque. Deux mots quand même. Le projet était ambitieux, un livret d’art format A5 pour accompagner l’univers si personnel du groupe à l’occasion de la sortie de leur deuxième album. Le résultat est ultra-professionnel (tout ceci est autoproduit et en licence Creative Commons, rappelons le), très impressionnant donc au niveau qualité finale. Et au-delà de la réalisation matérielle, les illustrations en elles-mêmes sont somptueuses, magiques. Un travail affolant entre Lonah et Binarymind autour de dessins, de photos, de surimpressions, le tout illustrant à merveille l’onirisme lonesque.

Et là vous n’êtes pas dans la merde les p’tits gars (et filles) … je sais, ça ne se fait pas trop d’interpeller le groupe comme ça en plein milieu de chronique mais on est sur le cargo en même temps donc bon. D’une vous êtes méchamment attendus au tournant pour la suite, ça a intérêt à être à la hauteur, de deux c’est ça qu’on veut sur scène nous ! Pas graphiquement bien sur, ni forcément visuellement, mais dans l’esprit oui. Et de constater qu’en fait la frustration de la soirée, celle dont découlent toutes les autres, elle est là. La folie, voila ce qu’il manquait, et à force on devient exigeants c’est évident. D’un autre côté c’est aussi rassurant pour nous autres observateurs, signe qu’il leur reste une marge de progression, que le sommet n’est pas encore atteint, que l’aventure n’est pas finie … et il se pourrait même qu’elle ne fasse que commencer.

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Pour un complément neteux :
- Lonah le site : lonah.net
- Lonah en images : lonah.deviantart.com
- Lonah sur le cargo : Pièces et Au fond du temps
 

Celle qui semblait sortie d’un vieux roman anglais

Enregistré dans : en musique — Mélanie Fazi à 18:30, le Mercredi 12 septembre 2007

 

 

Une silhouette d’allure quasi victorienne, cheveux bouclés et longue robe blanche aux manches bouffantes, face à un piano orné d’une guirlande électrique, d’un métronome et de divers bibelots : comme une bulle insolite d’univers théâtral au milieu d’une armée de caméras et d’un décor de studio de télévision. Nous étions trois matelots du Cargo à l’enregistrement de L’album de la semaine, conscients de notre chance inouïe. Faute de tournée annoncée pour l’instant, c’était la seule occasion pour nous de voir PJ Harvey interpréter les titres de son nouvel album, White Chalk, à paraître le 24 septembre.

Nous savions à peu près à quoi nous attendre : des vidéos de concerts récents sur YouTube, plus qu’alléchantes, nous en avaient donné une idée. Nous avons donc vu recréer sous nos yeux la magie particulière qui se dégageait de ces extraits. Polly Harvey seule au piano, qu’elle n’abandonnait que le temps d’un morceau joué à la guitare (détail ironique, la chanson s’appelle “The Piano”) ou sur un autre instrument à cordes dont le nom m’échappe. Le dépouillement des arrangements soulignait, peut-être plus encore que lorsqu’elle s’entoure d’un groupe, la beauté et la puissance de sa voix. Sur le sublime “Silence”, il n’en fallait pas plus pour me donner la chair de poule. Le concert était bref mais intense : il s’est vraiment passé quelque chose de magnifique. La voir se dévoiler ainsi, seule sur scène et face à un instrument qu’elle ne maîtrise que depuis peu, est extrêmement touchant.

En guise de rappel, trois titres déjà interprétés (“The Devil”“White Chalk”“Silence”) ont été réenregistrés. Deux fois, même, pour “Silence”. Qui s’en plaindra ? Ce morceau est une merveille. Un problème technique donnera naissance à un intermède amusant pendant lequel, loin de se démonter, elle plaisante avec le public, souriante et détendue. « Vous allez commencer à bien connaître ce morceau, » dit-elle en s’excusant de devoir reprendre “Silence” pour la troisième fois, avant d’ajouter : « Ça me fera de l’entraînement. » Et de regarder tout autour d’elle, un peu perdue, en attendant qu’on lui fasse signe de reprendre son morceau après l’interruption. Comme le faisait remarquer un autre des matelots, on aurait cru assister à une répétition en studio plutôt qu’à un concert télévisé.

Évidemment, ce passage-là ne sera sans doute pas diffusé. Dommage pour vous. Mais guettez la diffusion de l’émission, les titres enregistrés sont à couper le souffle. Pour vous en donner une petite idée, jetez déjà un œil à l’extrait ci-dessus, tiré d’un concert récent à Manchester. Je voulais vous montrer “The Mountain”, une des plus belles choses qu’il m’ait été donné d’entendre cette année, mais vous aurez finalement droit à ce “The Devil” tout aussi sublime (au seul motif que cette vidéo, quoique un peu floue, évoque davantage l’ambiance d’hier soir). White Chalk va être un événement. Et pas des moindres.

 

Ceux qui déchiraient tout

Enregistré dans : en musique — micky à 23:52, le Dimanche 9 septembre 2007

ou You hanged me out to dry des Cold War Kids

Et voilà c’est la rentrée, on se dit “tiens il serait temps de reprendre le blog”, ne serait-ce que parce que tout le monde pense sûrement qu’il est à moitié-mort et que bon ne pas faire les choses pour tout le monde ça a grandement à voir avec le sens de la vie, que les Monthy Python le veuillent ou pas.

Alors bon qui dit rentrée dit nouveautés, retour des concerts et ça c’est cool, même si bon comme d’hab je suis bien à la masse, genre par exemple ça fait 6 mois que je me dis que je devrais écouter Beirut et je l’ai toujours pas fait. Alos bon un truc qui s’appelle “cold war kids” c’était carrément pas ma priorité, je sentais déjà la sensation jetable qui vous fait vous sentir fraîche et bien protégée mais que deux heures plus tard c’est plus qu’un vieux souvenir, façonc always ultra ou nme.

Et puis je me passe l’album, ça s’appelle “We used to vacation”, surprenant, on est plus proche des dresden dolls que du rock garage. à cause du piano déjà. le son ultra sec aussi , on a l’impression d’être juste à côté du batteur, qui cartonne, idem quand la guitare débarque, tous les aigus à donf, c’est presque comme si on avait l’oreille dans le baffle, chez les kids on connait pas la reverb, les mixes dans lequels les instrument se fondent et se noient. pas de surproduction, pas d’overdubs, d’instru inutiles, c’est nerveux, ça claque et puis chaque instrument ressort super bien et bon bon là on sent l’amour du vintage, basse rickenbacker omni-présente sur les morceaux, avec ce son (et ce look) sublime e, guitare demi-caisses et amplis réglés sur “vintage de légende”. Et j’ai pas parlé de la voix, bin en fait sur disque elle est plutôt excellente, rien de très original dans le timbre mais l’écriture des lignes va chercher le groovy, le placement langoureux, ça a un côté très soul quand ca pousse ou que ça sussure mais ca sait se faire plus rock quand ca scande. et ça fait mouche aussi bien we used to vacation que you hang me out to dry bénéficient de refrains imparables.

Pour moi c’est clairement le morceau de l’année, en tout cas de tout ce que j’ai pu écouté, mais bon tout n’est pas si rose de ce côté ci du mur : d’abord les deux titres que je cite, s’ils bénéficients de riffs/ligne de basse/chant géniaux, sont aussi extrêmement répétitifs (et c’est aussi pour ça que ça fonctionne d’ailleurs), we used to vacation passe mieux car son refrain est en rupture complète mais you hang me out to dry, c’est une ligne de basse et un riff de guitare point barre. Ca finira par lasser. Et là le problème c’est que le reste de l’album est beaucoup moins mémorable (à la troisième écoute)…

Néanmoins j’irai sûrement au concert, ils ont l’air d’avoir une sacrée pêche sur scène (par contre la voix m’a paru moins convaincante sur les deux lives tv disponibles sur youtube) et je vous laisse avec la vidéo de you hanged me out do dry :