le blog collectif des rédacteurs du cargo!

Ceux pour qui tout à l’air si facile

Enregistré dans : en musique — gab à 11:40, le Vendredi 31 août 2007

Ou Simon B., Drop your head, myspace/simonbparis 

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Il y a des gens pour qui tout semble évident, simple, facile même. Prenez Simon B. par exemple. Ce monsieur officie à la base comme chanteur-guitariste dans un groupe à renommée grandissante (une bien belle catégorie je dois dire), proposant au sein d’Exsonvaldes une pop élégante et classieuse, du bel ouvrage à peine assez reconnu nationalement ou internationalement à notre avis. Bref, ce monsieur a toutes les raisons du monde d’être particulièrement occupé à la promotion de son groupe, de leurs albums et d’un futur qu’on leur souhaite rayonnant.

Eh bien non, il semblerait en fait que Simon B. a des périodes de désoeuvrement plutôt prégnantes finalement, périodes durant lesquelles même une bonne grille de sudoku ne suffit plus à calmer ses angoisses et pulsions. Dans ces moments là, il semblerait donc que notre fringant personnage s’en va faire des sets acoustiques, à droite, à gauche, seul avec sa guitare. Pire, il enregistrerait même ces morceaux et aurait décidé de commencer à les livrer au monde sur une plateforme à renommée elle aussi grandissante (quoique, elle ne doit plus être très loin du point de rupture maintenant).

Et c’est là notamment qu’on est frappé par cette impression d’évidence, de facilité (et de classe allons-y gaiement), là où de nombreux groupes font des interfaces compliquées, créent plusieurs pages pour mettre le plus de morceaux possibles, notre homme, tranquille, écrit juste un petit mot manuscrit expliquant qu’il joue de temps en temps tout seul sur scène et que l’envie lui prend de nous proposer ça comme ça, de façon plus ou moins informelle. Puis il se paye le luxe incroyable de nous livrer un seul morceau en écoute, comme si ce morceau se suffisait à lui-même … si on n’avait jamais vu Exsonvaldes en concert et donc aucun aperçu de l’humilité et de la gentillesse de ses musiciens, on pourrait presque prendre ça pour de l’arrogance.

Or pour compliquer les chose, il se trouve que ce morceau se suffit amplement à lui-même. Il s’agit d’une reprise apparemment (même si on ne connaît pas l’original), ça commence tout calme à la guitare et rapidement le chant monte s’envole, redescend puis repart et nous tue littéralement sur les refrains. Surtout quand l’envie (toujours l’envie) lui prend de l’agrémenter de deuxièmes voix étourdissantes. Il y a un petit côté Thom Yorke dans la voix et le chant, et l’interprétation est tout bonnement incroyable. C’est simple, écouté pour la première fois hier soir tard dans la nuit, le morceau est passé en boucle toute la matinée et le rythme n’a pas l’air de vouloir flancher.

Alors si comme nous au cargo vous trouvez qu’autant de talent pour une seule personne c’est très louche, limite écoeurant et ne devrait franchement pas être permis, signez la pétition ci-dessous et soutenez notre action … chèques et dons en nature acceptés.

 

Texte de la pétition

Dans le but d’œuvrer pour une répartition plus équitable des richesses d’écriture et d’interprétation musicales au sein de la catégorie socio-professionnelle particulièrement à risque des auteurs-compositeurs-interprètes, nous demandons expressément aux artistes trop talentueux de redistribuer 40% de leurs qualités intrinsèques aux autres membres de cette même catégorie.

Ensemble, oeuvrons pour une musique véritablement équitable.

Celle qui vivait entourée de chimères

Enregistré dans : en mouvement — sfar à 21:27, le Samedi 18 août 2007

C’est vraiment par hasard que je me suis trouvée fin juillet à l’Exposition Messagers du Centre Pompidou retraçant les 30 dernières années de l’oeuvre de Annette Messager.

Annette Messager qui m’était jusqu’à présent totalement inconnue est une artiste contemporaine majeure, qui reçut même le Lion d’Or lors de la Biennale de Venise en 2005 pour une oeuvre magique et fantastique : Casino.

Rarement une exposition m’a fait un tel effet, on reste scotché par toutes ces oeuvres qui nous transportent dans un univers à la fois pervers, glauque et enfantin. Il s’agit du genre d’exposition qu’on croise rarement et dont on se dit il faut l’avoir vue, qu’il faut que les autres la voient ! Ah si j’étais enseignante en région parisienne mes élèves n’y couperaient pas. Et comme je suis Maman , lors d’un passage familial dans la capitale début août, mes filles de 6 1/2 et 8 ans y ont eu droit pour leur plus grand plaisir. Je conseille d’ailleurs à tout parent de se rendre dans une exposition d’art contemporain d’abord seul et d’y retourner ensuite en famille (ou si on n’a pas de famille on emprunte de jeunes enfants à des amis, des voisins ou autres ..) , je le fais régulièrement et c’est passionnant de redécouvrir ou découvrir les oeuvres sous un autre angle, plein de naiveté avec une approche souvent plus juste que nos visions d’adultes complètement parasitées.

Annette Messager a dans les moindres détails réfléchi cette exposition, depuis l’oeuvre présente déjà dans le hall du centre Pompidou, sur la disposition de ses différentes réalisations au sein de l’exposition jusque dans l’élaboration du “laisser passer” (se transformant malicieusement en “laisser pisser” selon l’exposition du pass).

Ce fut pour moi un tel émerveillement entre les corps empaillés surmontés de têtes de peluches, les montages de pantins désarticulés animés, les structures qui se gonflent et se dégonflent et surtout le tableau Casino devant lequel on reste assis une bonne dizaine de minutes à observer les effets de gonflement d’une énorme toile de parachute rouge sang semblable à une vague. Elle s’illumine par endroit découvrant d’autres formes enfouies qui elles aussi se jouent des effets de l’air. On se croirait en pleine application d’un cours de Mécanique des Fluides niveau Licence. On essaie de comprendre comment Annette Messager a pu programmer de tels effets par ordinateur et de façon plus poétique on s’amuse à trouver un sens à chaque instant de ce tableau magique. En fin de tableau des formes noires inquiétantes sortent du plafond pour descendre jusque sur cette mer sanglante. Tout ceci est tellement passionnant que même les enfants les plus impatients restent calmes 5 minutes durant.

Copyright NY Times magazine

J’aurais eu envie d’écrire de très belles choses sur cette exposition, j’ai lu des articles tellement élogieux sur le Monde, Télérama, les Inrocks, sur de nombreux blogs ….

Mais je ne sais pas faire tout cela, alors voilà j’en parle juste un peu , il vous reste encore un mois pour voir tout cela.

Sur la fin de l’exposition Annette Messager évoque la femme, sa place dans notre société, de la vision qu’on a d’elle. L’exposition s’achève sur une broderie encadrée qui dit :

“Je pense donc je suce.”

A méditer…

Celle qui préférait Rock Oz’Arènes aux airs pluvieux malouins.

Enregistré dans : en musique — sfar à 22:34, le Jeudi 16 août 2007

Mi-Août n’est pas uniquement la période d’un festival breton si cher au Cargo ! et fréquenté assidument chaque année par les matelots les plus respectés de notre raffiot. Nos amis suisses proposent eux aussi, aux mêmes dates, un festival à la programmation éclectique et audacieuse : Rock Oz ‘Arènes. Dans le cadre magnifique de Avenches, dans un amphithéâtre romain, on nous proposait ce mercredi une programmation à tendance metal et indus avec comme point d’orgue le concert des Nine Inch Nails.

Rock Oz'Arènes - Samael

Après moults péripéties pour accéder jusqu’au site, on pénètre dans l’enceinte du festival et déjà sur la scène de l’amphithéatre le groupe de metal indus suisse Samael est en place. Le chanteur Vorph, à la voix gluturale qu’on croirait sortie d’outre-tombe, nous interprète des morceaux qui ravissent les fans de metal présents dans l’arène. C’est parfois caricatural : le chant anglais est un peu poussé, les paroles semblent extraites d’une pub pour téléphonie mobile (one nation, generation, connecting people) mais l’ensemble reste sympathique.

Nous sommes ensuite invités à aller du côté de la scène du château afin de découvrir celle qui nous est présentée comme la nouvelle PJ Harvey (la nouvelle PJ Harvey de la journée devrais-je préciser vu que chaque jour voit sur notre planète l’émergence d’une ribambelle de nouvelles PJ Harvey, il suffit souvent de peu de choses : être une fille, savoir chanter avec un joli timbre de voix, avoir un guitare à la main). Cette jeune lyonnaise au doux nom de Vale Poher se produit donc seule sur scène. Elle a certes une jolie voix, manie bien la guitare mais voilà elle ne restera pas la révélation du festival. Et ce qu’elle révèlera surtout chez moi c’est qu’il est l’heure d’aller se sustenter. Petit intermède gastronomique fort agréable, surtout que sont présents dans l’enceinte du festival de nombreux stands aux mets plus appétissants les uns que les autres.

C’est alors dans l’arène que nous découvrons un trio australien au nom plutôt évocateur Devastations. Invités au festival par NIN, nous nous attendions à un rock sombre et mélancolique, il s’est agi d’une succession laborieuse (oui laborieuse !! quand on tente de gagner 2 minutes entre chaque titre histoire d’en faire moins le temps imparti c’est assez révélateur) une succession donc de morceaux dignes de berceuses pour nouveau-nés : pour ne pas dire simplement que c’était vraiment chiant ! Ce groupe a quand même réussi l’exploit de vider en moins de 20 minutes une arène archi comble même si il a commencé à très légèrement décoller sur le dernier morceau. “Impressionnant !!” nous assènera le présentateur de la soirée, c’est bizarre mais ce n’est pas l’adjectif qui me serait venu d’emblée en tête …moi j’aurais plutôt conclu par un “Vraiment décevant !”.

Gojira accueilli par les siens.

Allons ce n’est pas le moment de se démoraliser et on file vers la scène casino où se produisent les landais de GOJIRA (que certains qualifient de Death Metal …. ou pas ! ). Quoiqu’il en soit, les morceaux proposés à Rock oz’Arènes extraits de leur album From Mars To Sirius sont loin d’être les plus mélodiques. C’est bien nerveux et ça plaît beaucoup au public de métalleux bien excités devant la scène.

C’est enfin au tour de la tête d’affiche Nine Inch Nails de prendre possession une heure et demi durant des arènes.

NIN

C’était la première fois que je voyais le groupe de Trent Reznor et dans ce cadre superbe c’était vraiment impressionnant aussi bien musicalement que visuellement. Des affichages présents sur le site nous avaient déjà mis la puce à l’oreille (En raison de l’extrème puissance du mur d’éclairage aux stroboscopes de NIN, les personnes sensibles ou épileptiques sont invitées à s’éloigner de la Grande Scène). Et en effet on en a pris plein les mirettes pour un set de 25 morceaux et un show impeccablement huilé (Chronique du concert sur Le Cargo!).

> Cette première soirée du festival s’achève avec le set de Monkey 3 un groupe proposant une sorte de post metal bien agréable à la fois puissant et planant. Une bien belle manière de rescendre de la folie rock indus dans laquelle nous avait mené les NIN.

« Regarder le copain mamie »

Enregistré dans : en images — gab à 10:30, le Lundi 13 août 2007

Ou rugby Angleterre-France : 15-21

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Et oui ce devait être le match de la transition, celui du passage délicat du foot au rugby pour notre Goob national. Tout était là, une belle affiche entre les deux rivaux de toujours, un match « amical », ou sans enjeu tournistique plutôt, pour qu’il ne se mette pas trop la pression non plus. La belle occasion de commencer à relever les noms des joueurs qu’il ne connaît pas encore et de confirmer la présence de ceux qu’il connaît. Bref c’était le match de mise en route de la coupe du monde de rugby pour les commentateurs aussi.

Mais voilà, le Goob jouait à l’extérieur ce week-end, et en terrain adverse il faut toujours se méfier des coups bas des équipes locales qui jouent devant et avec leur public. A peine avait-il allumé le poste et qu’il se familiarisait avec le nouveau maillot de l’équipe de France (il semblerait qu’ils aient opté pour le très sombre cette année), l’équipe maison cour-circuitait le toss en envoyant son ailier le plus habile au contact en la personne d’une fillette toute blonde de 3 ans et demi pas plus. « Regarder le copain mamie … regarder le copain mamie … » avec cette petite lueur au coin des yeux et cette perruque au carré si caractéristique. Et voila, choc d’une violence inouïe, plaqué irrégulièrement à la réception de la balle, CARTON m’sieur l’arbitre !

Eh bien on dira ce qu’on voudra mais le match chez Julien Lepers fût lui aussi d’un niveau impressionnant, les mêlées terribles, les plaquages sournois et les candidats eurent bien du mal à arriver intacts jusqu’en fin de partie. Et c’est là, en toute fin d’émission, qu’on a vu la magnanimité, le tact incroyable, la récompense de notre maître de cérémonie pour avoir tenu bon sans trop zapper, oui, voila qu’il s’en va royalement offrir au gagnant trois livres grand format sur ce thème si fédérateur qu’est … le football.

La boucle est bouclée, le Goob est goobé, décidément cette coupe du monde est loin d’être gagnée.

C’était Goob donc, en direct de chez la mamie de l’ailier ravageur … pour le cargo.

 

a poor lonesome cowboy

Enregistré dans : Uncategorized — terant à 21:46, le Dimanche 5 août 2007

un géant s’est éteint… lee hazlewood est décédé hier, le 4 août.