Ceux qui sont partout à leur place
ou Jack The Ripper au festival indétendances à Paris-Plage le 29 juillet 2006
Jack the Ripper au soleil de juillet : expérience intéressante. C’est peut-être par facilité, mais on les associe plutôt à des ambiances sombres, nocturnes, un rien théâtrales. En gros, c’est un groupe qu’on imagine plus aisément dans une petite salle enfumée que sur la scène d’un festival d’été en plein Paris Plage. Mais l’intensité est là, comme toujours. N’ayant pas revu le groupe depuis un concert à l’Européen qui remonte à trois ans, je retrouve certaines chansons comme de vieilles camarades (surtout “Escape“, sans doute celle que j’ai le plus écoutée et qui me rend toujours toute euphorique). Des nouvelles, je retiens surtout un splendide “From my Veins to the Sea“, à la grâce quasi aérienne, et une version particulièrement intense d’”Aleister“.
Sur scène, l’alchimie repose sur un contraste intéressant qu’on pourrait, un peu hâtivement, résumer ainsi : la richesse des arrangements, le côté plus âpre et violent de la voix. Ce même contraste frappe sur les photos, les premières que je prenais du groupe : les mimiques hallucinées d’Arnaud Mazurel contre l’expression apaisée des autres musiciens. Arnaud attire curieusement l’objectif. En le voyant s’agiter ainsi, toujours en mouvement, je décide de multiplier les prises pour être sûre d’en réussir au minimum une ou deux. A ma grande surprise, pratiquement aucune n’est floue ni totalement ratée. Son énergie contamine jusqu’à la pellicule (ou la carte mémoire, en l’occurrence).
C’est vrai qu’on a souvent comparé son jeu de scène à celui de Nick Cave, dont le groupe reprenait “The Mercy Seat” sur scène il y a quelques années. C’est vrai qu’il a un peu de ce charisme-là. Et c’est vrai que les concerts de Jack the Ripper sont toujours de très beaux moments à passer.
(Texte et Photos par Mélanie Fazi)





