le blog collectif des rédacteurs du cargo!

un mardi de grève à la flèche d’or (2/2)

Enregistré dans : en images — micky à 1:22, le Vendredi 31 mars 2006
20060329-landscape-01.jpg

Landscape c’est un des gros coups de coeur 2005, tout comme The Misadventures Of, groupe comprenant trois membres de Landscape, l’a été auparavant. J’en ai dit tellement de bien que je commence presque à me méfier de moi-même (le genre de méfiance qu’on éprouve face aux journalistes qui vous expliquent que radiohead pissant dans un violon au sens propre c’est le summum de la musique). Pourtant un groupe auteur d’un album aussi excellent que One le mérite (ils citent Sigur Ros comme référence mais personnellement je trouve leur album bien meilleur que le dernier Sigur Ros), un groupe capable de restituer live des arrangements aussi fouillés le mérite encore plus, sur Must par exemple, Steffen pousse le vice à chanter les paroles à l’envers comme sur le disque (où la piste est simplement passée à l’envers il me semble).

Et ils se sont encore améliorés depuis les premiers concerts, Léo, qui a co-réalisé l’album avec Guillaume, le tête pensante de Landscape, m’explique après le concert qu’ils ont revisité les morceaux pour rendre les fin brusques de l’album plus naturelles en live (à vue de nez ils jouent d’ailleurs tout l’album dans l’ordre). Et effectivement ça marche, le set qui était déjà bien au point a encore gagné en qualité, alternant passages planants et montées en puissance et un beau final bruitiste sur Them, qui commence fort avec deux guitares mais en fait le point d’orgue, surement involontaire c’est surement quand les deux gratteux après s’être pas mal excité s’arrêtent, créent l’attente pendant Guillaume dos au public se branche et s’accorde pour une surenchère à trois guitares assez jouissive.

20060329-landscape-02.jpg

Pour finir G., un pote que j’avais débauché et qui a tenu deux chansons de landscape, me demandait comment on pouvait être aussi chiant avec trois guitares, une basse et une batterie. Moi je me demande juste comment on peut créer autant de magie en empilant des motifs de quelques notes. Du piano électrique, des guitares, des voix qu’elles soient aigues ou plutôt graves, ce sont les mêmes ingrédients que tout le monde mais eux ont poussé la chose plus loin, c’est sûrement pas la meilleure voie commerciale. Mais honnêtement qui se rappelera dans quelques années, dans dix, vingt ou trente ans de Franz Ferdinand? d’un quelconque groupe en the? au mieux ils feront le bonheur de compils rétro , du recyclage musical à usage d’émissions télé embourbées de nostalgie. Moi je m’imagine bien dans dix, vingt ans triper la ligne de basse de We comme l’interminable intro de Time sur Dark Side Of the Moon, comme les progressions arpégées de Philip Glass. On parle de musique intemporelle i.e. qui ne se contente pas de capter l’air du temps.

Hum et donc Thom Yorke qui pisse dans un violon, tu passes ça dans un vocoder, tu samples, tu séquences et c’est trop de la balle parce que bon Thom Yorke c’est la musique.

20060329--hitchcockgohome--.jpg

Bon les loulous je vous aurais bien dit qu’hitchcock go home avec son point d’exclamation ca déchire grave, m’attendait pas à du rock speedé avec les telecasters qui crachent bien. mais là je sors de répète, j’ai trimballé mon synthé et 10 kg de pédales d’un bout à l’autre de Paris, j’ai pas bcp dormi cette semaine alors vous vous contenterez de ça et de photos (et puis je suis resté que deux chansons à cause des métros, grève tout ça). Et puis je vous recommande les galettes chocolait de saint michel. Demain on se fait Porcelain et Sons Of Frida à la guinguette (trop dégouté au passage de la future orientation, chanson française et world music, je crois pas y retourner de si tô)

20060329-hitchcockgohome02.jpg

Un mardi de grève à la flèche d’Or (1/2)

Enregistré dans : en images — micky à 2:20, le Mercredi 29 mars 2006

Une dernière hésitation et je monte dans le métro. Ou plutôt je m’infiltre dans une masse compacte de corps. car si les manifs sont finies, la grève a de beaux restes sur la ligne 2. Une dernière hésitation, c’est loin, ça va être pénible. Mais s’il faut souffrir pour voir Landscape pour la troisième fois, pour revoir Arman Méliès alors oui.

20060329---choc-02.jpg

Arrivée fatiguée, bière blanche et Choc s’installe. Deux filles, à peu près le même pantalon et la même coupe brune. L’une aux claviers, l’autre, la chanteuse principale derrière une très mignone Danelectro (marque américaine fabriquant des guitares au look rétro absolument craquantes). Musicalement on a affaire à la catégorie auto-sampling, on s’enregistre une petite rythmique sur la pédale sampler et puis on joue par dessus. Quelques notes de solo. Le feeling est plus bluesy/70’s qu’electro. Et puis elle chante, jolie voix, accent encore un tout petit sensible mais ça passe. et les chansons passent. C’est pas mal, surtout quand les deux voix fémines se mélangent, les quelques lignes de clavier sans être indispensables apportent un petit plus sympa. Et y a un bout de mélodica aussi. J’imagine que vous êtes pas enthousiasmés jusque là? ça tombe bien ça retranscrit à peu près ce que j’en ai pensé. Rien de négatif à dire, d’ailleurs j’invoque à ce sujet le 6ème amendement (”le chroniqueur n’a pas obligation de dire du mal sur la musique s’il trouve la chanteuse absolument méga trop jolie”)

20060329---choc-01.jpg

Mais voilà après en autosampling y a Arman Méliès qui déchire, en guitare-voix il y a des milliers de chanteuses qui ont tout autant de voix et de talent en songwriting. Et le petit plus qui fait la différence, le point de rupture dans la voix qui en dit plus que tous les mots, le son qui prend tout d’un coup de l’ampleur, Choc n’y a accédé que le temps d’un morceau. Beaucoup de mal à croire que c’est le même groupe que sur leur site qui nous raconte tout plein de choses bien, difficile de croire que ce soit sur le CQFD 2005 (encore que là, hum CQFD….). C’était peut être un soir sans mais là il manquait quelque chose, les deux filles se regardaient pas mal en rigolant, surprises même de leur propre son. Allez faut que le métier rentre, soyons pas trop négatifs…

20060329---arman-melies---0.jpg

Pour Arman Méliès, rien à dire, ce mec est tout simplement le seul que je connaisse qui donne un vrai sens à l’autosampling, qui ne le résume pas à l’accompagnement du pauvre, mais au contraire s’en sert pour créer de nouvelles dimensions sonores, créer des édifices musicaux étourdissants et un peu “magiques” où la guitare se fait aussi bien batterie que violon où la note qu’on voit n’est pas celle qu’on entend. Et tout ça n’a rien d’un exercice de style car il vient y ajouter une très belle voix (parfois auto samplée aussi) et des textes en français à la poésie intriguante. Si on y ajoute une très bonne présence scénique, ça donne un excellent concert dont on regrettera juste pour la forme que la voix ne soit pas toujours intelligible.

20060329---arman-melies---1.jpg

Romanzo Criminale

Enregistré dans : en mouvement — micky à 13:13, le Lundi 27 mars 2006
Affiche_ROMANZO_CRIMINALE.jpg

J’ai un problème avec les films de gansgters. C’est que la fin est (presque) toujours la même. à part peut être dans Killing Zoe avec Julie Delpy (miam).

Et c’est qu’ils sont vicieux ces réalisateurs, on a beau savoir que les protagonistes sont de vraies ordures. Mais, avec ou sans alibi social, psychologique ou autre, on s’attache à eux et on regarde leur fin venir, scotché au siège, en souffrant pour les personnages, en victimes d’une sorte de syndrôme de Stockholm.

Et c’est pire encore quand nos gangsters manifestent des signes de rédemption, quand un ange passe et leur donne l’envie de rompre avec leur passé. On atteint alors des summums dans le film qui rend dépressif (mon exemple préféré étant Things to do in Denver when you’re dead, avec Andy Garcia dans un de ses meilleurs rôles et Steve Buscemi toujours excellent).

romanzo_criminale_12.jpg

Roberta (Jasmine Trinca), l’ange du Froid

Vous vous demandez peut être pourquoi je raconte tout ça alors que je suis censé parlé de Romanzo Criminale, eh bien c’est simple, Romanza Criminale c’est ça mais en pire. Le film raconte l’histoire bande de jeunes truands qui vont mettre le Rome du crime à leurs pieds, tuant tous ceux qui sont sur leur passage sans la moindre amenité, dealant d’abord avec les parrains de la mafia et finalement manipulés par une organisation en marge de l’Etat.

Si on sympathise assez peu avec le Libanais, le chef de la bande, ui admire à la fois les empereurs romains, Hitler, Staline et Mussolini, si le Dandy est assez attachant au début avec son obsession pour Patrizia, une prostituée de luxe dont il veut les faveurs exclusives (et quand on sait qu’elle est jouée par la sublime Anna Mouglalis, on le comprend aisément), c’est surtout le personnage du Froid qui rend le film douloureux. Son air ténébreux et farouche , sa beauté presque angélique, ses silences, sa retenue qui lui donnent un air de sagesse, le fond paraitre plus humains. Alors même que si on l’appelle le Froid, c’est aussi parce qu’il est capable de tuer froidement.

romanzo_criminale_24.jpg

Patrizia, regardez la dans les yeux!

Et donc Romanzo Criminale déroule longuement l’accession au sommet de cette bande, dans une effusion de sang et sa déchéance qui sera encore pire. Et on souffre avec le Froid, de le voir si prêt de la rédemption et de passer à côté car il n’a pas su faire primer son ange sur ces anciennes amitiés. C’est une histoire qu’on a déjà vu cent fois mais elle fonctionne parfaitement parce que les acteurs sont excellents, que la réalisation suit la plupart du temps et surtout parce que l’empathie avec le personnage est là. C’est donc recommandé surtout que le cinéma italien est plutôt rare dans nos contrées et qu’il y a là d’excellents acteurs à découvrir (et un fan club pour Anna Mouglalis à monter)

Le mépris

Enregistré dans : en mouvement — micky à 14:20, le Vendredi 24 mars 2006

364 jours par an, le Mépris pour moi c’est d’abord un film de Godard.

Mais aujourd’hui, au delà de qui peut bien avoir raison ou tort, si ce concept a encore un sens, ce que je retiens c’est le mépris.

Tout d’abord le mépris d’une certaine droite pour la jeunesse, un mépris dont il est infiniment triste et vomitif de voir qu’il est fièrement porté en première ligne par le ministre de l’Education, Gilles de Robien. Une jeunesse qu’on estime incapable d’une reflexion intelligente, de se forger ses propres opinions, forcément manipulée par les “gauchistes” (la chose que méprise par excellence cette certaine droite). Une jeunesse qu’on considère comme un point de détail, une quantité négligeable dont on attend patience qu’elle finisse de faire joujou dans la rue, qu’on invite même pas à la table des négociations avant de rectifier à la va-vite, mais le mépris.

Et si ce n’était que ça, cette jeunesse, depuis l’intervention sur l’europe de Chirac, on lui a trouvé vite fait bien fait son mal. La jeunesse a peur, la jeunesse est réactionnaire, allergique au changement. La preuve ? elle s’oppose à toute réforme depuis des années. Si elle exprime les mêmes inquiétudes que la plupart des français, on a vite fait de parler de dépression, de crise. Et on oublie bien facilement que la jeunesse comme la plupart des francais (dont elle fait partie) a eu un premier acceuil favorable sur le CPE, quand il n’était qu’un principe, une idée consistant à assouplir le marché du travail et à aider les jeunes à trouver un emploi. Ce n’est que quand le détail a été révélé que la constestation a commencée. et à défaut d’arguments, on lui oppose le mépris.

La jeunesse n’a pas peur, simplement elle n’est pas masochiste, elle aspire à mieux ou plus simplement à ce que les choses soient bien faites. Et à chaque manifestation ces demandes légitimes. Et cela peut être parce que la jeunesse est la dernière qu’on consulte sur ce qui la concerne, parce qu’au ministère on a sûrement mieux à faire. Le mépris.

Et peut être qu’il est là le problème de la jeunesse : dans un ministère où on parachute régulièrement un peu n’importe qui. On connait le mépris de Robien mais vous vous rappelez sûrement de Ferry, ce matin encore sur LCI il avait beau jeu de stigmatiser les “trois ou quatres étudiants” qui font les fiers face à l’état mais ne sont rien face aux machines capitalistes qui joue sur l’échiquier mondial. “trois ou quatres étudiants”, ça a suffi pour activer son siège ejectable, alors il devrait ravaler son mépris.

Je ne dis pas que toutes les revendications sont justifiées, qu’il n’y avait pas du bien dans les propositions de tous ces gens (l’intelligence et le mépris peuvent cohabiter chez un ministre, a priori) .

Je ne dis pas non plus que la jeunesse n’a pas peur, tout le monde a sa part de craintes, simplement la notre n’est pas plus grande, on vit peut être avec moins de certitudes que nos ainés mais pour faire plaisir à gab, je vais citer coldplay, “we live in a beautiful world”. Imparfait certes mais personnellement tous les théoriciens du déclin je leur crâche à la gueule et je me demande où ils vivent, je me demande ce qu’est leur “splendeur passée”. Le mépris.

Ce que je dis c’est qu’à force de mépriser la jeunesse, de la considérer comme un ramassis de glandeurs irresponsables, réactionnaires et un peu rêveurs il ne faut pas s’étonner que les entreprises la méprisent aussi.

Et il est infiniment triste que la solution du gouvernement à ce problème passe encore par le mépris et qu’elle ne fasse qu’accroître les tensions, le manque de considération, la méfiance entre entreprises et jeunes.

Au dela de la sortie de crises, des destins politiques des chacun, des blessés, des dégâts, du bien-fondé réel du CPE, de la politique, voilà ce qu’il restera.

Encore plus de mépris, pour les 365 jours de l’année.

Belgophilie.

Enregistré dans : en musique — wally à 11:40, le Jeudi 23 mars 2006

Écoutez tous Vox, parce que c’est bien, qu’ils y font des sessions acoustiques toutes les semaines [Two Gallants, Elbow, Subways, etc.] et qu’il y a de vrais morceaux de Jérôme Colin [ex-radio 21, ex-Pure FM] dedans.

[Et ils m’ont même pas payé pour que je leur fasse de la pub, en plus, dis donc.]

Page suivante »