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Death Cab For Cutie @ Trabendo, 27/02/2006

Enregistré dans : en images — micky à 2:32, le Mardi 28 février 2006

C‘est le concert que j’attendais le plus en ce début d’année et c’est le concert pour lequel je n’avais pas de place jusqu’à 18h ce soir. Encore une fois un coup de bol incroyable et un détour glacé par le 3ème plus tard, me voilà en possession du sésame béni (en l’occurence un billet tout bleu fnac-billetel). Je prends quand même le temps passer chez moi prendre l’appareil photo (ironie du sort, je m’étais dit le matin même “pas la peine de le prendre tu auras jamais de place”) et hop au Trabendo, cette salle bizarre avec sa configuration sur plusieurs niveaux tordus, perdue dans le parc de la vilette.

death cab for cutie - trabendo

En arrivant dans la salle, on a l’impression presque fausse que c’est plein, fausse parce qu’il reste plein de place dans la fosse, presque parce qu’il y a plein de gens qui restent dans les paliers surélevés qui constituent la salle, soit qu’ils pensent qu’on voit mieux, soit qu’ils ont pas envie de se mêler au public très jeune de la fosse, le genre qui prend plein de photos au téléphone portable (ca a la limite ça va, sauf que c’est eux-mêmes qu’ils prennent en photo) et qui chante (mal) les refrains qu’il connait avant de se rendormir un peu quand il connait plus. (arf j’ai l’impression d’être vieux à parler comme ça)

death cab for cutie - trabendo

N’empêche comparé à mon dernier concert là-bas (Six By Seven, qui ne sont plus R.I.P. si vous ne le saviez pas, + A Hundred Reasons, excellent groupe quelque part entre (le bon) incubus et at the drive-in, en plus pop ricaine quand même), on sent que DCFC a eu les honneurs de libé le jour même, que leurs singles passent à la radio et qu’ils vont arrêter les petites salles comme ça dans pas très longtemps.

Et tant mieux au fond parce qu’ils le méritent, à la fois sur album et en live, distinguo nécessaire parce qu’il faut dire quand même que les retranscriptions live perdent un peu en douceur et en finesse ce qu’elles gagnent en énergie brute, Ben Gibbard écrit des petis bijoux pop présentés dans de jolis écrins, mais en live on sent qu’il veut en découdre, il se démène beaucoup, maltraite pas mal ses télé (y en a une qui a failli voir l’intérieur de son ampli). Le bassiste pareil, une vraie bête de scène et on sent beaucoup mieux en live son importance.

death cab for cutie - trabendo

Dommage quand même que le mur du son nuise un peu à la voix, que les compos quasi-parfaites ne puissent être jouées parfaitement (normal vous me direz mais quand même…). Mais ce n’est qu’une toute petite ombre sur un tableau qui brille comme si le peintre avait un peu trop forcé sur les champis. Le mélange des couleurs très électriques de transatlanticism et des pastels du dernier ne m’a pas totalement convaincu au début, peut être parce que tout s’enchaine toujours très vite, jamais de temps mort et peu de communication avec le public (ils se retrouvent d’ailleurs souvent à jouer dos à la scène).

Mais comment résister à un “we looked like giants” de folie où le gratteux passe à la basse (et vice versa), et tout d’un coup au milieu du morceau il traverse la scène à toute allure , rend la basse à son propriétaire pour se mettre au clavier tandis que les roadies installent une deuxième batterie pour Gibbard et ça se barre dans un trip à 2 batteries pendant deux bonnes minutes. Et après c’est pas fini, Gibbard revient chanter le dernier couplet. Tout ça sans qu’il y ait eu la moindre accalmie sonore, le moindre vide (et c’est en ça qu’on sent aussi un professionalisme grandissant).

death cab for cutie - trabendo

Et en guise de rappel, un Transatlanticism qui déroule au moins ses huits minutes comme sur l’album avec ce long final qui refuse de s’emballer, de multiplier les notes, mais où le batteur se met à taper de plus en plus fort, à un point où c’est plus seulement le bras mais un mouvement de tout le corps, on a vraiment l’impression qu’il va exploser quelque chose, baguette, cymbale, voir ses bras.

Et tout d’un coup ça s’arrête, on sait qu’ils en joueront pas d’autres tellement il a l’air épuisé , affalé sur sa batterie. Et remarque nous aussi.

Epuisés mais contents.

PS : pour les photos, soyez indulgents, impossible de dépasser le quatrième rang alors peu de angles de vue et beaucoup de flou. sniff je me sens de plus en plus à l’étroit avec mon compact pour les concerts (c’est rigolo de dire à l’étroit alors que ça m’oblige à ne faire quasiment que du grand angle, enfin moi ça me fait rire quoi…)

Her Warm Blood, le métal et moi

Enregistré dans : en images — micky à 2:21, le Lundi 27 février 2006

Bon si je vous dis qu’Her Warm Blood c’est du doom/goth et que c’est le groupe d’un pote, je sens tout de suite les ondes négatives, le scepticisme vous envahir…

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Mais vous avez tort, pour la forme et pour le fond : sur la forme parce que l’intérêt du blog c’est pour moi d’avoir plus de libertés, de permettre des apartés qui rentrent pas dans le cadre du cargo. Parce que justement on se fixe un cadre et que toute limite est frustrante. Bref si j’ai des photos sympas, je les mets sur le blog, en n’engageant que moi, et tant mieux si ca donne envie à quelques personnes de creuser un peu…
Sur le fond parce que personnellement je viens du metal, je n’en écoute quasiment plus mais certains groupes restent pour moi des références et de très grands artistes . (le premier System Of A Down par exemple est un disque absolument mortel, intelligent et trippant, tout à fait dans les cordes d’un amateur de rock, Paradise Lost a réussi l’exploit de créer le goth-metal presque tout seul avant de se dire qu’il y avait mieux à faire et faire Host avec quatuor de cordes, samples et guitares triturées qui se fondent dans les synthés, un album de Depeche Mode qui est honnêtement plus bandant que tout ce que j’ai pu entendre de Depeche Mode). Que dire de Faith No More ? dejà que Patton est un dingue et une des meilleures voix du monde. Qu’ils ont tout fait et tout défoncé, de la fusion old-school au bruit en passant par les compos classieuses, brumeuses de mélancolie mais imprégnés d’une sorte de grâce qui caractérise Album Of the Year ou des reprises de R. Kelly.

her_warm_blood_gibus_02.jpg

Et pour finir comment ne pas parler de tous ces groupes où l’élément metal apporte la différence par rapport à la masse : don’t look back et lust par exemple ne serait que des groupes de post-rock de plus s’il n’y avait pas un sens du riff, le moment où tout pète, la gueulante toute droite venue du metal.. Ne parlons de Sunn o))) et des t-shirts de groupes de death/black qu’arbore Steve Albini aux concerts de Shellac.

Ah oui et pour finir c’est hallucinant de voir la différence d’acceuil entre Paris et la banlieue : j’avais déjà vu à Noisy-Le-Grand pour Dionysos où à la place de l’habituel armoire à glace, il y a de très jolies hotesses, polies et souriantes qui vous proposent le vestiaire gratuit. Au crous c’est encore mieux : boisson + hot dog à 2,5 E.


Alors c’est à se demander pourquoi on va aux concerts parisiens, ah oui j’avais oublié, parce que la zone 4 c’est loin…

Shooting Dogs

Enregistré dans : en mouvement — micky à 2:40, le Mercredi 22 février 2006

Si j’avais su…

Si j’avais su d’abord que Michael Caton-Jones, le réalisateur de Shooting Dogs, était par ailleurs le réalisateur du chacal et de basic instinct 2, je ne pense pas que je serais allé voir ce film. Surtout que le synopsis n’a rien d’attrayant après une dure journée. Pourtant cela en valait la peine, même si Shooting Dogs est loin d’être parfait. Parce que si Michael Caton-Jones avoue ressentir la lassitude d’Hollywood, il ne s’est pas non plus découvert soudainement une audace, un génie capable de transfigurer l’angle choisi par le scénario, particulièrement classique pour ce genre de film, un angle double en fait : celui de la jeunesse et des idéaux mais aussi celui du pragmatisme et de la foi, à savoir un jeune bénévole et un vieux padre qui n’en n’est plus à sa première guerre.

Ca ne sera pas non plus la force des images qui frappera, même si le travail est honnête, non plus l’interprétation des acteurs eux aussi plutôt bons.

Michael Caton-Jones n’a en fait pour lui que la force de la vérité, celle des détails en particulier, qui décuplent l’atroce, qui vous font rentrer dans la machine et vous montre avec quelle minutie un génocide (ou plutôt un acte de génocide, vous verrez la distinction est cruciale) de près d’un million de personnes peut être réalisé en moins de cent jours. quelle inertie criminelle, odieuse, l’ONU aura manifesté (et qu’aurait-elle pu faire quand un représentant rwandais y siégait, quand la Belgique a une part non négligeable dans le désastre du pays, quand la France magouille pour sauver les bourreaux?).

Si j’avais su… là on a tous su, je m’en rappelle encore. Mais ce film montre l’ensemble cohérent, un travelling dans le temps et les esprits, là où on nous a offert des plans épars, un montage partiel d’informations sans contexte. Et plus il montre l’envers du décor qui donne une autre dimension à l’horreur, comme les listes de tutsies dressées peu avant la mort du président Hutu qui allait servir de prétexte au génocide. Rien à voir avec une vengeance spontanée.
ah oui il faut que je vous dise pourquoi les braves gens de l’ONU ont toujours fait attention à ne pas dire “génocides” mais “actes de génocide”. Parce que s’il y a génocide, les forces de l’ONU auraient été obligés d’intervenir. Alors les massacres ne sont que des actes de génocides mais pas un génocide, à croire qu’il y a une gradation dans l’horreur…

C’est ce genre de choses que ce film vous apprend, il a ses défauts et ses qualités cinématographiques, mais il a une valeur en termes de connaissances et de réflexion, comme un documentaire donc (à mon avis une formule plus appropriée).

Des connaissances à mettre en perspective peut être à la lumière de l’actualité du jour peut être : des accusations de corruption sont portées contre l’organisme de maintien de la paix de l’ONU (cf le monde).

Alors que de gentils parlementaires (dont certains, bizarrement de droite :) , ont fait voter un bel arsenal de lois pour réduire les droits de la défense ) font leur chasse aux sorcière sur l’affaire Outreau, personnellement je me demande pourquoi on n’a jamais fait le procès de l’ONU dans cet affaire.

Peut être parce que tout le monde connaît déjà le verdict, l’ONU n’a guère plus de valeur qu’un alibi.
Plus d’infos sur le génocide rwandais : le monde diplomatique - wikipedia

brisa roché est magnifique

Enregistré dans : en images — vinciane à 0:22, le Mardi 21 février 2006

brisa est espiègle. brisa est jazzy. brisa est pétillante. brisa est grimaçante. brisa est swingante. brisa est envoûtante. brisa est bavarde. brisa est gestuelle. brisa est amusante. brisa est émouvante. brisa est mutine. brisa est charmante. brisa est photogénique.

brisa a des petites lumières sur le bas de son pantalon. brisa dit qu’elle joue de la guitare comme une bucheronne. brisa passe beaucoup de temps à dire beaucoup de bien des gens qui l’entourent. brisa nous fait chanter joyeux anniversaire à sa maman par téléphone. brisa laisse son téléphone sonner pendant le concert. brisa a la voix rocailleuse et douce. brisa maquille magnifiquement ses yeux. brisa raconte sa vie. brisa chante. brisa mime ses chansons. brisa jette des paillettes en l’air pour faire croire qu’elle aussi est milliardaire. brisa elle fait qu’à m’embêter, dit perry blake. brisa est boudeuse quand on lui dit que le couvre-feu est impératif et qu’elle ne pourra pas chanter-sa-dernière-chanson-qui-est-sa-préférée. brisa revient les yeux embués de déception pour une chanson acoustique et douce. brisa parle un français impeccable. brisa attire tous les regards.
brisa est sublime.

et toi, sauras-tu associer un de ces événements aux photos ci-dessous ? (plusieurs réponses possibles)


brisa 1

brisa 2

brisa 3

brisa 4

brisa 5

suicide is painless

Enregistré dans : Uncategorized — antoine à 1:50, le Lundi 20 février 2006

credits_mandel_altman_mash.jpg

c’est l’histoire d’un quipropoquo qui m’a longtemps échappé, et qui vient tout juste d’être levé dans ma tête. quand j’étais petit et que j’écoutais à la radio les blacksessions de lenoir, j’y ai entendu un jour jay jay johanson - il était alors, à peu de chose près, mon chanteur préféré (les grands frères qui offrent des disques, ça a du bon). et je m’en souviens bien, pendant son concert, jay jay il avait chanté un dernier titre un peu étrange, qu’il avait dit s’appeler “suicide is painless”. juste avant de se lancer, il avait rajouté une formule du type “it is the soundtrack from one of my most favorite TV series of all times, the one called mash”. à l’époque, ma prof d’anglais m’avait assuré qu’il s’agissait certainement là d’une blague du chanteur pour dire qu’il considérait cette série comme étant de mauvaise qualité - “de la purée”. elle n’était pas toute jeune ma prof d’anglais à l’époque, et je l’avais cru. quelques années plus tard, cette même chanson, je la retrouvais dans la bouche de keren ann et de son acolyte bardy johansson, sur leur magnifique lady & bird (labels, 2003). avec les mêmes paroles qui, pour moi, et sans l’ombre d’un pli, n’étaient pas vraiment des plus joyeuses, au milieu d’un album lui-même pas franchement hilarant.

l’autre soir, en rentrant chez moi, mon balladeur était en mode aléatoire. c’était une nuit de pluie, après une journée comme on peut en rêver des plus détendues. le premier titre qui est tombé, c’est celui là. lady & bird chantant suicide is painless. plus tout à fait aussi petit qu’au temps des blacksessions, j’ai tendu l’oreille. histoire d’essayer d’en comprendre un peu plus que le refrain. et j’ai été surpris, entre autre, par ce couplet là :

 A brave man once requested me
 to answer questions that are key
 is it to be or not to be
 and I replied ‘oh why ask me’?

alors je me suis dis qu’il y avait un problème. que keren ann ou jay jay johanson avaient beau être de plutôt tristes sires, cette chanson n’était peut-être pas l’éloge du suicide pour laquelle je l’avais toujours tenue. qu’il y avait certainement dans ce titre aigre-doux beaucoup plus de ’sweet’ que de ‘bitter’. la réponse ?

mash_affiche.jpg

dans le film original, du grand robert altman, récompensé d’une palme d’or à cannes en 1970. si l’usage qui est fait d’un suicide is painless un brin dégoulinant dans les premières images peut donner le change d’un titre à écouter comme une complainte larmoyante (des hélicos US transportent des soldats blessés sur fond de paysages supposément coréens, mais qui peuvent tout aussi bien être vietnamiens, vue la date de sortie du film), plus aucun doute n’est possible une fois la moitié du film passée : suicide is painless, pour sinistre qu’il puisse paraître, est avant tout un canular. et pas seulement parce que l’auteur des paroles, mike altman, n’est autre que le fils de robert, et que, du haut de ses 14 ans, il écrivait alors quelques phrases qui lui rapporteraient plus que le film à son réalisateur de père (contrairement à robert, mike a touché des droits d’auteurs lorsque mash le film est devenu mash la série télé avec un générique inchangé).

en fait, dans ce titre, painless est autant un adjectif qu’un nom : celui du capitaine-dentiste Walter Koskiusko ”Painless Pole” Waldowski - en français, son surnom a été traduit en un “spéléo polack” rendant incompréhensible un jeu de mot pourtant essentiel. painless pole, donc, est dentiste, supposé opérer sans douleur, et d’origine polonaise. facile, alors, l’explication de son surnom ? ça se complique quand on apprend que painless possède aussi le “plus bel instrument de tous les dentistes de l’armée” - or les américains, allez savoir pourquoi, préfèrent au substantif âne le discriminant polonais dans l’expression “être monté comme un âne”. impossible dès lors pour painless pole, au vu de sa réputation, d’avaler la première fois où il fera l’expérience de l’impuissance. à ses yeux, après une telle déconvenue, c’est le suicide qui s’impose, celui-ci étant mis en scène par ses compagnons d’infortune, comme lui enrôlés dans l’armée US, dans une relecture de la cène (celle qu’on nous apprend au caté) autrement plus osée que celle pour laquelle Marithé et François Birbaud avaient pourtant été condamnés au printemps 2005.

la_cène_altman_mash.jpg 

en résumé, suicide is painless est au genre de la complainte ce que M*A*S*H est au film de guerre - sachant que le seul coup de feu tiré dans mash l’est par l’arbitre d’un match de football américain au cours duquel deux compagnies US stationnées en corée se livrent à un match bidon (où sera pour la première fois de l’histoire des grosses productions américaines prononcé à l’écran le mot fuck, par notre cher painless pole d’ailleurs).

mais au fait, qu’est ce que j’y gagne, moi, à raconter tout ça ? c’est pourtant simple : les soirs de pluie pourront bien désormais être rythmés par “suicide is painless”, il en faudra plus pour m’attaquer le moral.

P.S. : lady & bird ou jay jay johanson n’étaient ni les premiers, ni les derniers à s’être risqué à la reprise. avant eux, il y avait eu les manic street preachers, passés complètement à côté du sujet - si ce n’est que leur reprise façon queen, toutes guitares hurlantes, réussit bien à faire rire. après, c’est marylin manson qui s’y est essayé, sur la B.O. du film blair witch project 2. je vous laisse découvrir, je ne m’y suis pas risqué.

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